OSHEAGA 2011: JOUR 3

L’intention était franchement là, je vous le jure! Je me suis dit qu’en ce dimanche d’Osheaga je n’allais rien manquer. Sauf que j’ai oublié un détail. En sortant du metro Berri-UQAM samedi soir vers minuit et demie, je reçois un message me rappelant que James Murphy de LCD Soundsystem est à l’Olympia pour un after-party du festival. Est-ce que j’ai vraiment besoin de vous dire que la soirée s’est terminée plus tard que prévu?
Toujours est-il que je suis arrivé sur le site du festival en retard (encore) et que j’aurais bien aimé voir les Sheepdogs et Jimmy Hunt.

Eels

C’était la troisième fois que je voyais les Eels en 5 ans et encore une fois, ils ont assurés un max, tout en étant un tantinet plus cabotins et cuivrés et hirsutes qu’à l’habitude. J’ai découvert le groupe de Mark Everett, si je ne m’abuse, en 1995, alors que la folie Beck battait son plein. Vous vous rappelez sûrement de leur seul hit planétaire, qui s’intitule Novocaine for the soul…Vous savez le clip en noir et blanc ou le groupe vole!…Enfin, toujours est-il que neuf disques plus tard, le groupe à géométrie variable ratisse large et passe du rock au blues en laissant de côté les moments plus folks avec lesquels les instruments à vent ne sauraient que faire. C’est probablement dû à l’ambiance festive du Osheaga 2011. Et puis, si on a envie de déprimer avec les Eels, on aura qu’à retourner à la maison et se taper End Times ou Electro Shock Blues. Tiens, les voilà d’ailleurs qui se lancent dans une version bien entraînante de leur hit dont je parlais plus tôt!

The Sounds

Quand je pense aux Sounds, je pense également aux Ting Tings. Je ne sais pas pourquoi, mais on dirait que ce type de rock un brin électro et très (trop) influencé par les années 80 n’a pas su franchir l’année 2008 en gardant sa pertinence. N’empêche que Maja Iversson n’est jamais désagréable à regarder, en dépit des problèmes de son intenses et des nouvelles chansons bien ordinaires du combo qui a connu son peak avec son 2e album «Dying to say this to you».

Cypress Hill

Elle est loin l’époque des chapeaux de pêche et des pantalons larges. En 2011, les MC de Cypress Hill (B-Real et Sen Dog) ont plutôt l’air de motards de chez West Coast Choppers. Qu’à  cela ne tienne, leur passion pour ce que mon père appelait, quand j’étais petit, les cigarettes indiennes est toujours la même. On entend le mot marijuana très souvent dans les raps de Cypress et sur un site de festival, on le sens aussi! À un moment clé du show, avant une toune dont le sujet commence par la lettre M (encore!), B-Real s’allume un joint tellement gros, que nous doutons tous de son authenticité. Un ami photographe qui se trouve près de la scène me confirmera plus tard que ce n’était pas du toc. Tout ce rap de la vieille école de la côte Ouest rappelait des souvenirs en tout cas!

Malajube

Même si, à mon humble avis, Labyrinthes est le meilleur long jeu de Malajube, il faut reconnaître que le groupe est désormais beaucoup moins brouillon sur une scène qu’il l’était dans les premières années de son existence. Leur set, principalement axé sur le dernier né (La caverne) était particulièrement bien ficelé et je peux vous jurer que Julien, Mathieu, Thomas et Francis se sont trouvé de nouveaux fans cet après-midi là.

The Joy Formidable

Si nous avons quitté hâtivement le show de Malajube, c’est uniquement parce que notre grande découverte de 2011 se produisait pendant une toute petite demi-heure à la scène des arbres. The Joy Formidable est un trio britannique mené par une jeune guitariste blonde nommée Ritzy Bryan. Musicalement, c’est un peu comme si  Metric n’avait pas peur de faire trop de bruit et que toutes leurs chansons étaient du calibre de Monster Hospital. Pas que je n’aime pas le groupe d’Emily Haines, mais The Joy Formidable a toutes les qualités que j’aimerais attribuer à Metric. Bref, du rock très intense et trop bien foutu. Gageons que ce groupe-là revient bientôt sur une plus grosse scène. Mes pièces favorites n’ont pas été jouées alors je l’exige!

Petit détour vers le rock déprimant et générique de White Lies avant d’aller manger une bouchée. Je n’ai pas besoin de rien dire de plus sur eux! C’est du rock à numéro. Une heure plus tard, au moment de me rendre au spectacle de Crystal Castles, je réalise que mes jambes sont lourdes et que la fin de semaine à quelque peu amoché ce corps bientôt trentenaire. C’est avec peine et misère que je retourne à la scène verte.

Crystal Castles

En suivant mes amis vers l’avant de la scène, je tasse poliment une dame qui me remercie à coup de pied dans le dos. Je me retourne pour lui faire savoir que je n’apprécie pas et me retrouve vis-èa-vis la face de beux la plus fâchée de l’année. Comment des gens si intolérants envers les autres membres de leur espèce se retrouvent-ils dans des contextes de foule comme celui-là? Je l’ignore. En ce qui concerne Crystal Castles, je ne comprends tout simplement pas le trip. Vous voulez de la violence techno? Écoutez le groupe allemand Atari Teenage Riot. C’est au moins 15 000 fois mieux foutu que cette bouillie noise irritante menée par une petite hipster-punkette wannabe qui n’a aucun charisme. C’est tout simplement de l’anti-musique et je ne sais pas qui de chez Pitchfork a écrit que c’était cool d’aimer cette cochonnerie, mais un méchant paquet de monde à suivi. Enfin…Je pense que la fatigue commence à jouer avec mes nerfs et que j’ai besoin de sommeil.

J’ai donc, vous l’avez deviné, manqué les Flaming Lips et Galaxie. Je suis rentré à la maison et je me suis endormi prequ’illico. Est-ce que je le regrette? Non. Avez-vous vu la quantité de show auxquels j’ai assisté pendant le weekend? Poser la question, c’est y répondre.

À l’an prochain Osheaga!

Par Charles Laplante