THE HORRORS: BYE BYE GRISAILLE

Avec leur troisième album, les britanniques nous prouvent que la réinvention est leur véritable cheval de bataille. On peut en tout cas affirmer sans se tromper que les Horrors d’aujourd’hui n’ont vraiment plus grand-chose en commun avec la version 2007 d’eux-mêmes.

À l’époque de leur premier album, le très hystérique Strange House, les gars portaient tous des fringues noires et blanches et des cheveux en bataille et avaient tous des surnoms de goth-rockers à la sauce Emily Strange (Spider Webb, Joshua Von Grimm, etc.) Leur proposition musicale, elle, évoquait avec moults soubresauts la rencontre malsaine entre les Cramps, le Birthday Party de Nick Cave et la famille Addams.

Sur Primary Colours, paru deux ans plus tard, les influences évidentes de Joy Division et My Bloody Valentine, homogénéisées par la réalisation impeccable de Geoff Barrows de Portishead, donnaient une nouvelle vie au groupe désormais affranchi de ses surnoms un peu ridicules et de son look gothique à gogo.

Aujourd’hui, avec Skying, les influences plus glauques semblent également avoir pris la porte. Un positivisme un brin intoxiqué se dégage de l’œuvre qui, dans son ensemble, est une réussite quasi-totale. En fait, c’est un peu comme si les fenêtres fermées hermétiquement de l’opus précédent avaient été ouvertes ou carrément arrachées. Du côté des influences, on est plus dans le domaine de Simple Minds ou de David Bowie, que la voix du chanteur Faris Badwan évoque dangereusement par moment.

Premier album autoproduit du groupe, Skying n’a pas grand-chose à envier à ses prédécesseurs. C’est un disque romantique,  éthéré et  serein. Ses moments forts ( I can see through you, Still Life, Oceans Burning, entre-autres) ont leur place dans la discographie du groupe au même titre que les classiques Sheena is a parasite, Three decades ou Sea within a sea.

D’ailleurs, c’est ce qui est le plus  intéressant au sujet  du groupe de Faris Badwan, Joshua Hayward, Tom Cowan, Rhys Webb et Joseph Spurgeon :  Vous pouvez écouter le même groupe, que vous vous sentiez d’attaque pour un album furieusement rock, un disque tristounet ou une bonne vieille galette pouvant sans problème accompagner un trip de mushrooms en plein après-midi de soleil au parc Lafontaine.

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Pour: Il s’agit de l’album qui, stylistiquement parlant,  est le plus abouti du groupe et nous avons hâte d’entendre la suite.

Contre:  L’étrangeté de l’intro d’Endless Blue, qui cadre un peu maladroitement avec le reste de la pièce. Mais bon…C’est un bien moindre mal!

NOMAG: 4/ 5

Par Charles Laplante