La première question que l’on est en droit de se poser lorsqu’un groupe retourne sur scène avec un seul membre original (en l’occurrence le chanteur Ivan Doroschuck) après vingt ans d’absence est probablement « pourquoi? ». Pour l’argent ? Peut-être un peu, mais Doroschuck en a plus qu’il ne lui en faut. Les droits d’auteur assurent à sa famille un confort certain depuis plus de 10 ans. C’est d’ailleurs cette réutilisation des compositions du groupe qui a ramené l’homme sur le chemin de la scène. L’an dernier, la populaire émission américaine Glee a donné un nouveau souffle au morceau Safety Dance qui a ensuite été repris par la bestiole de Crazy Frog assurant une visibilité énorme auprès d’un public plus jeune.
Passé la quarantaine et probablement pas trop loin du demi-siècle, l’emblématique chanteur s’est alors retrouvé à surfer la vague d’un succès qui l’a mené jusqu’à Austin, Texas où il a joué sur une scène du réputé South by Soutwest Festival avant de retourner dans la ville qui l’a vu grandir dans le cadre du Festival de Jazz. Ce mot «retour» a pris tout son sens vendredi alors que le groupe a plongé la salle dans une autre époque, sans complexe, la pédale au plancher.
« Welcome to the Ice Age » lance Doroschuck, ironiquement coiffé d’un chapeau de Cowboy, en s’agitant entre les deux claviéristes et le guitariste composant la nouvelle formation des Hats. Devant des animations Pac-Man-iesque, le ridicule relatif de la chose a rapidement fait place aux timides mouvements d’épaules, puis à la danse assumée. Après quelques chansons, on se serait vraiment cru en 1980. Tout était en place pour que la foule puisse vivre ou revivre l’esprit de cette époque si étrange à en juger par les habits de scène de l’un des claviéristes, inspirés d’une vision passée de ce qu’aurait été le futur dans lequel nous vivons à présent… À faire saigner du nez.
Sous le thème du retour, on peut difficilement trouver mieux. Sans tenter de se rajeunir ou de sesréinventer, Men Without Hats aura donné aux spectateurs exactement ce qu’ils réclamaient en jouant le jeu jusqu’au bout.
Après une tournée d’un mois aux États-Unis en compagnie de B-52, Ivan Doroschuck et sa bande retrouveront les studios pour y enregistrer un nouvel album qui risque d’être assez intéressant compte tenu de l’indéniable force mélodique des morceaux des Hats et de la voix unique de leur chanteur.
_____________________________________
Visitez le site du groupe ici // Achetez la musique ici
Par Félix Brooklyn






