GANG GANG DANCE: ASHRAM 3D

Les DJs de Nguzunguzu and Total Freedom ont assuré la première partie de Gang Gang Dance samedi dernier, avec un éclairage minimaliste parsemant sporadiquement la salle et une ambiance jungle à faire rougir l’Amazonie.

Partout, des gens partout, certains dansant devant la table remplie de machines, de boutons, de cadrans, de disques, et d’autres hochant la tête. Partout, des gens satisfaits. Certains contenants assez mal leur enthousiasme. Vers la fin du set, les membres de Gang Gang Dance sont doucement montés sur scène pour entamer le spectacle avec les dernières notes de Nguzunguzu. Les têtes se sont levé unes à unes. L’excitation est montée. On a bousculé les gens pour dégager le parterre de la table des DJs. Ça n’allait sûrement pas se complaire dans des conventions.  Adult Goth.

Gang Gang Dance est fidèle à l’esprit de contemplation que sa musique inspire. À la fois un moment de réjouissance et flirtant avec le happening méditatif, un spectacle de Gang Gang Dance se compare à un séjour dans un ashram avec des lunettes 3D, la bière en plus. La chanteuse Lizzi Bougatsos étant, bien sûr, le gourou avec l’énergie qui va avec : d’une pureté sans nom et faisant presque oublier qu’elle est débarquée vêtue d’un t-shirt masculin à l’effigie de Snoop Dogg. Dans la lignée des jugements portés à l’égard des artistes qui entrent en scène, ici pour le coup ça a été : « Mais…c’est une vieille hippie finalement! », puis ça s’est concrétisé parce que oui, elle est définitivement hippie. Une hippie si adorable que personne dans la salle n’allait refuser un petit voyage expérimental en sa compagnie.


Entre deux jams, on entend House Jam (sic), Chinese High et Glass Jar, dans l’ordre ou dans le désordre. Avec un clavier un peu trop fort et le micro encore pas assez fort. On est quand même au Il Motore. Mais malgré tout et malgré certains gens contenant encore plus mal leur enthousiasme, la soirée bat son plein. Le très peu d’éclairage sur scène a étrangement la faculté de rendre le tout quelque peu intemporel. C’est dommage pour les photos, mais en live ça rend super bien. Il fallait y être, de toute façon…

Pour voir Lizzi se faufiler entre la panoplie d’instruments sur scène, à quatre pattes au sol, aller serrer un ami contre son cœur et lui chuchoter de belles choses à l’oreille, puis s’éclipser, dehors apparemment, le temps d’une chanson. Pour la voir devenir démente sur ses Toms pendant Bebey, et pour avoir envie de lever les bras au ciel, également. Ou pour constater que malgré leur talent, les membres de Gang Gang Dance sont dans l’ombre de Lizzi Bougatsos et que c’est très bien ainsi. Un peu malsain pour nous, mais très bien. On va essayer d’en revenir.

Pour terminer le rituel en beauté, l’étrange MindKilla était de mise. Il ne manquait que de l’encens et un peu d’Orient dans le clavier afin que la foule enlève ses chaussures pour danser. De l’Orient en clavier, ça sonne mieux sur disque qu’en live, finalement. Dans la voix c’est pareil. On mettra ça sur le compte de la salle avec le reste. Après une brève pause signalant le moment où les gens peuvent enfin crier avec raison, la formation est revenue sur scène avec tout ce qu’il manquait à cette soirée : Thru and Thru. Certainement le meilleur titre de l’album Eye Contact, manquant toutefois d’exotisme dans la finition, lui aussi. Tout de même une excellente façon de clore un spectacle où, finalement, l’énergie a joué un rôle prédominant. Parce que si samedi soir n’avait pas pris des airs de happening, tout ça aurait pu être une toute autre histoire.

http://www.ganggangdance.com/

Par Opale Lavigne / Photo Sébastien Blanchard