Il n’y a pas que des nouveautés à Fantasia. Tant qu’à célébrer le cinéma de genre, aussi bien présenter également des oeuvres influentes qui ont traversé le temps pour inspirer les cinéastes d’aujourd’hui. En s’associant avec la Cinémathèque québécoise, le festival a réussi à mettre la main sur de vieilles copies de films qu’on n’a plus vu sur grand écran depuis des lustres. Avis aux amateurs d’oldies but goodies, cette chronique est pour vous…
Battle Royale (2000)
Parmi les vieux pas si vieux, en voilà un qui fera des heureux. Le classique instantanné du réalisateur Kinji Fukasaku sera présenté pour la première fois sur grand écran à Montréal les 23 et 24 juillet prochains. Le film a beau n’avoir que onze ans, il n’en demeure pas moins qu’il s’agit d’un incontournable du cinéma de genre japonais et certainement l’un des plus influents des dernières décénnies. Il s’agira de l’occasion idéale de voir pour la première fois ou de revoir pour la centième fois ce Lord of the Flies ultra violent.
Shivers (1975)
C’est pour rendre hommage aux producteurs canadiens John Dunning et André Link que sera projeté le tout premier long-métrage de David Cronenberg le 20 juillet prochain. Tourné à Montréal, Shivers raconte l’histoire d’une épidémie qui fait de ses victimes des tueurs assoifés de sexe. La controverse que le film déclencha à sa sortie reste à ce jour inégalée et donna lieu à une profonde remise en question du financement du cinéma canadien. Au delà de l’érotisme et de la paranoïa se trouve une oeuvre dont l’influence n’est plus à démontrer et elle trouve sa place aux côtés de classiques de la trempe de Night of the Living Dead.
Wake in Fright (1971)
Il s’agit-là d’une grosse prise pour Fantasia, qui a réussi à mettre la main sur une copie 35 mm de ce que plusieurs considèrent comme l’élément déclencheur du cinéma de genre australien. Campée au beau milieu de nulle part de l’outback, l’histoire raconte la descente aux enfers d’un homme ordinaire qui n’en demandait pas tant. Réalisé par Ted Kotcheff, celui à qui l’on doit également First Blood, Wake in Fright se retrouvera en compétition officielle au festival de Cannes en 1971 avant de tomber dans l’oubli jusqu’à tout récemment. La projection aura lieu le 24 juillet prochain.
Panique (1977)
Le film de Jean-Claude Lord, qu’il présentera d’ailleurs lui-même le 23 juillet prochain, a près de trente-cinq ans, mais il aurait pu être tourné aujourd’hui. Après qu’une multinationale de pâtes et papiers se soit installée près de Montréal, une épidémie fait de nombreuses victimes. Les politiciens et les entrepreneurs se détachent de toute responsabilité jusqu’à ce qu’un groupe de terroristes prennent les choses en mains. C’est de corruption, d’imputabilité et de désastres environnementaux qu’il est question dans Panique, une oeuvre aussi pertinente aujourd’hui qu’il y a trente ans.
À surveiller également au registre des vieux trucs qu’on aime revoir: Death Weekend; Frankenstein Created Woman; The Wicker Man; Les Lèvres Rouges; Ilsa, She-Wolf of the SS; Mustang; Tomorrow Never Comes; Un Génie, Deux Associés, Une Cloche (en présence de Robert Charlebois); Captain America; Frankenstein 2000; Gina. Pour plus de détails, consultez l’horaire des films sur le site du festival.
par Alexandre Paré






