FANTASIA: L’ORIENTAL

Dès sa fondation, en 1996, Fantasia s’est trouvé une niche particulière qu’il a, depuis, entretenu de telle sorte qu’il soit devenu un incontournable en matière de cinéma asiatique sur le circuit des festivals internationaux. Après vous avoir d’abord parlé de grosses productions occidentales et de vieux classiques, il est temps de voir ce que la programmation orientale du festival nous réserve cette année.

13 Assassins

L’enfant terrible du cinéma japonais fait désormais partie des meubles à Fantasia. Facile quand on a la réputation (bien méritée) d’être un réalisateur qui ne dit jamais non. C’est que Takashi Miike réalise de deux à cinq films par année depuis maintenant vingt ans, pour le meilleur et pour le pire, ce qui résume d’ailleurs très bien sa filmographie assez inégale. L’auteur d’Audition, de Visitor Q et d’Ichi the Killer, pour n’en nommer que quelques uns, nous offre à nouveau cette année, entre autres, un film d’action à grand déploiement. Treize samouraïs chargés d’assassiner un tyran décideront de l’attirer dans une embuscade au coeur d’un village qu’ils défendront. Ça ressemble à quelque chose qu’on connaît? Peut-être, mais ça risque d’être bon. Les projections auront lieu les 27 et 28 juillet.

The Unjust

Ryoo Seung-Wan qui, aux côtés de Joon-Ho Bong et Chan-Wook Park, figure parmi les réalisateurs Sud-Coréens les plus pertinents de la dernière génération, sera présent au festival pour défendre son nouveau thriller le 16 juillet prochain. Bien reçu dans le circuit des festivals, The Unjust fait le récit de magouilles politiques sur fond de bavures policières et de crime organisé et il faut s’attendre à un film rythmé et intelligent. Si on était cyniques, on dirait que ça tombe drôlement bien qu’un film d’enveloppes brunes soit présenté ainsi à Montréal en 2011, mais comme on ne l’est pas…

Underwater Love

Il doit y avoir quelque chose dans l’eau du Japon pour qu’ils nous envoient toujours et encore les films les plus absurdes qui soient. La formule fait certainement grincer les dents au lendemain des événements qu’on connaît, sauf que c’est beaucoup de cela qu’il s’agit dans Underwater Love, la comédie musicale softporn de Shinji Imaoka, puisqu’il revisite la légendes des Kappas, ces bêtes aquatiques du folklore nippon. Dans le film, les Kappas sont des obsédés sexuels, nuff said. Sauf qu’au-delà de l’absurde, notons la collaboration à la production d’un géant de la direction photo, Christopher Doyle, généralement connu pour avoir travaillé avec Wong Kar-Wai. On notera également la trame sonore signée Stereo Total qui, dit-on, colle parfaitement à l’ambiance délirante de ce qu’on dit être un bijou de what-the-fuck!?!?! Les 20 et 23 juillet.

Detective Dee and the Mystery of the Phantom Flame

Même si sa carrière est inégale, Tsui Hark demeure quand même l’un des réalisateurs Hong Kongais les plus notables des trente dernières années. Le réalisateur de Peking Opera Blues et de Once Upon a Time in China revient cette année avec un film qui, selon la rumeur, serait son meilleur depuis fort longtemps. Le parallèle avec le Sherlock Holmes de Guy Ritchie est, semble-t-il, évident, puisque Detective Dee raconte l’histoire d’un limier chinois hors-pair qui croupit en prison jusqu’au jour où une énigme fantastique rende ses services essentiels à la famille impériale. Les amateurs de combats seront servis. Les 14 et 24 juillet.

Don’t Go Breaking my Heart

Mieux connu pour ses thrillers d’action tels Election et Vengeance, Johnnie To est une grosse pointure du cinéma Hong Kongais. C’est cependant une histoire de triangle amoureux sirupeux qu’il nous offre cette année. On est en droit de s’attendre à un travail stylisé et atmosphérique de la part de Johnnie To, qui réalise le scénario de son comparse Wai Ka-Fai, avec qui il avait réalisé Mad Detective. La projection aura lieu le 25 juillet prochain.

Enfin, comme ils en ont l’habitude, les organisateurs du festival nous ont gardé quelques surprises. Ils ont d’ailleurs laissé entendre que pour la première fois cette année, Fantasia présenterait un film en 3D, sans toutefois l’annoncer officiellement. Je serais prêt à parier un petit 2 que c’est du film Sud-Coréen Sector 7 qu’il s’agit… Une intuition comme ça, disons.

À surveiller également: IP Man: The Legend is Born; Bleak Night; True Legend; Cold Fish; The Last Ronin.

par Alexandre Paré