FANTASIA DÉVOILE SA PROGRAMMATION 2011

Après quinze années d’existence, le festival de cinéma de genre Fantasia commence à voir poindre à l’horizon l’âge adulte. Dans un an, si tout va bien, il devrait terminer son secondaire. Dans cinq ans, il devrait partir en appart avec ses chums. Et dans un autre quinze ans, il devrait avoir une espèce de crise existentielle et se dire qu’il a raté sa vie, qu’il ne fait rien de bon et que… bref, c’est juste un festival comme tout le monde, en même temps.

Pour l’instant, donc, c’est quinze ans qu’il s’apprête à célébrer, et la semaine dernière, je vous parlais de quelques unes des surprises qu’il nous préparait pour l’occasion. Prix de carrière honorifiques, premières, événements spéciaux, etc. C’est jeudi le 7 juillet qu’avait lieu le dévoilement de la programmation complète de cette quinzième édition, et maintenant qu’on en sait un peu plus, on va pouvoir se mettre à planifier notre horaire pour les 24 jours que dureront le festival, du 14 juillet au 7 août prochain.

Sauf que je ne vous donnerai pas toutes mes recommandations d’un coup. D’une part, parce que je viens juste de recevoir le programme aussi épais qu’un truc de 1,5 centimètres d’épaisseur contenant plusieurs centaines de films et que je n’ai pas eu le temps de l’éplucher. D’autre part, parce que si je vous balançais toutes mes suggestions d’un coup dans un seul billet, on en aurait jusqu’à demain. On va donc faire ça petit à petit, de façon plus ou moins (moins que plus, disons) méthodique, en commençant par quelques gros morceaux chez les occidentaux.

Red State

Il s’agit du tout dernier film du réalisateur américain Kevin Smith, celui-là même qui s’était d’abord fait connaître en 1994 avec Clerks, un film qui parvint rapidement à se tailler une place de choix parmi les films cultes du cinéma indépendant américain et qui permit à Smith de jouir d’une certaine notoriété. Le réalisateur, qui nous a depuis offert des comédies comme Mallrats, Chasing Amy, Dogma et Jay and Silent Bob Strike Back, s’attaque maintenant au cinéma d’horreur ou du moins, c’est ce qu’il prétend parce qu’il y a, paraît-il, matière à débat quant à l’appartenance de Red State à ce genre, mais là n’est pas la question. Sélection officielle à Sundance en janvier dernier, le film s’attaque aux mouvements religieux fondamentalistes américains. On s’attend à voir une sorte de croisement entre David Koresh et la famille Phelps (West Baptist Church) dans ce qui pourrait être un mélange de The Texas Chain Saw Massacre et Jesus Camp. On jase là…

Retreat

Le réalisateur britannique  Carl Tibbetts présentera lui-même la première mondiale de son tout premier long-métrage dans le cadre du festival. La première d’un premier et c’est attendu? Il paraît. La production, après tout, compte sur une distribution impressionante: Cillian Murphy (Batman Begins, The Wind That Shakes the Barley, Inception), Jamie Bell (Billy Elliot, King Kong, Jumper) et Thandie Newton (Crash, W., 2012). En gros, c’est l’histoire d’un couple qui s’exile sur une île déserte et qui voit sa tranquillité bouleversée par un visiteur qui sort de nulle part pour leur annoncer qu’une épidémie meurtrière a décimée l’Europe. Le visiteur deviendra de plus en plus menaçant et patati et patata. On s’attend à une sorte de Straw Dogs croisé avec 28 Days Later.

A Lonely Place to Die

Une autre film britannique, celui-là, gagnant du Prix du jury et du Meilleur film/Meilleur réalisateur au ActionFest 2011. C’est l’histoire de randonneurs qui tombent sur une jeune fille séquestrée en plein milieu de nulle part dans les hautes terres écossaises. Leur voyage tourne au vinaigre à ce moment-là. Il paraît que les scènes d’action sont époustouflantes et qu’on pourrait parler d’un mélange de Cliffhanger et de The Descent, en espérant qu’il n’ait pas retenu les défauts du premier et toutes les qualités du second.

Don’t be Afraid of the Dark

Écrit et produit par Guillermo del Toro (Cronos, Hellboy, Pan’s Labyrinth), qui sera d’ailleurs de passage à Montréal pour le festival, revisite ce classique de l’horreur qui avait d’abord été produit pour le compte de la chaîne ABC aux États-Unis en 1973. C’est le réalisateur et auteur de bandes dessinées Troy Nixey, qui avait connu un grand succès avec son premier court-métrage, Latchkey’s Lament en 2007, qui a fait de ce remake son premier long-métrage. Le film met en vedette Guy Pearce (The King’s Speech, Animal Kingdom, Memento) et Katie Holmes (Tom Cruise).

The Troll Hunter

Enfin, ce qui est probablement l’un des films les plus attendus du festival, cette espèce de comédie pince-sans-rire qui, dit-on, trouve sa place quelque part entre Blair Witch Project et un documentaire de Werner Herzog avec des effets spéciaux dignes de ceux de Cloverfield. Il s’agit d’une production norvégienne qui met en scène un groupe de chasseurs de trolls, rien de moins. Achetez vos billets à l’avance, mettons.

Voilà, ce n’est pas tout, évidemment, et je vous reviendrai bientôt avec des suggestions de productions asiatiques, de documentaires et de classiques qu’on a sorti des boules à mites. En attendant, je vous laisse éplucher la programmation sur le site de Fantasia.

par Alexandre Paré