
Je n’ai pas éclaté de rire, peu s’en faut, mais j’ai souri souvent. Mais mon sourire était la plupart du temps un peu triste. Ce fils de pub est un être horrible, l’ambition est gravée sur son front en lettres de feu, il poignarderait sa grand-mère dans le dos pour arriver à ses fins et la superficialité qu’il affiche, on le sait, est considérée dans certains milieux comme un atout, comme une qualité. C’est cette loupe posée sur ce type de comportements qui rend 5 étages et demi réjouissant d’une certaine façon. Jean-Marie Corbeil frappe en plein dans le mille avec ce personnage vide, artificiel et pompeux qui n’est même pas capable de mettre le doigt sur ce qui a cloché dans la relation avec son père, qui méprise les valeurs pour lui petites bourgeoises de la famille et de l’amitié et qui ne possède même pas une once de lucidité face au vide sidéral qui définit son existence. Oui, il est coincé dans l’ascenseur, mais il est aussi incroyablement coincé dans sa vie. Ô! métaphore…
Il y a quelques moments moins forts dans le texte, le passage entre autres où il parle de son père qui meurt d’un ACV en accouchant une vache (!). On aimerait apprendre davantage au sujet des motivations qui ont amené le retour à la terre de ce paternel qui a été toute sa vie conducteur de métro. Mais somme toute, on passe un bon moment en compagnie de Jean-Marie Corbeil, sauf qu’on ne voudrait pas de ce personnage comme ami.
5 étages et demi est présenté à la Balustrade du Monument National jusqu’au 22 juillet.
Par MC5






