Oui je sais, ça fait déjà presque une semaine et c’est vraiment pas professionnel, mais ça prend du temps se remettre d’une brosse au concert des Breastfeeders (la belle excuse, c’est tellement pas vrai!). Donc, après le concert d’Alpha Blondy j’étais content d’enfin voir ce concert que tant de fois j’avais manqué de peu, mais un peu honteux tout de même que ça se passe après leur premier hit à CKOI, et tant d’années de carrière.
Je me suis privé de bière parce que je revenais tout juste du Métropolis et que j’avais fait la gaffe de me commander une M (abominable, comme je l’ai indiqué dans mon article sur Alpha Blondy), ce qui vous dégoûte à tout jamais de la bière, pour au moins une heure ou deux. Mais, pour poursuivre dans les paradoxes, je ne me suis pas non plus privé de bière, parce le tambouriniste Johnny Maldoror en a splashé sur tout le monde, tout le long du concert. Le pauvre avait un genou bandé et une canne avant le spectacle, mais est pourtant parvenu à se pitcher partout et à renverser tables, chaises et gens. Il a même garoché sa tambourine sur le crâne de Sunny Duval (sans faire ni exprès ni attention) avant de la récupérer en douce et de se faire kicker hors du stage par le guitariste encore sonné, et un peu fru. Trash à souhait tout ça, mais saviez-vous que Johnny Maldoror est le nom de scène du comédien Martin Dubreuil? Peut-être que tout le monde le savait, mais pas moi, bon. (On est sur le coup tenté de se poser la question: «Vit-il son rock, ou le joue-t-il?» Mais on s’en fout aussi pas mal alors je ne vais pas l’endosser, passons.)
Les Breastfeeders sont un vraiment bon band live, ils sont tight, sonnent comme un mur de brique et nous divertissent sans interruption. Ils nous donnent même régulièrement des pauses du chant criard de Luc Brien pour nous emporter dans les douces ballades de Suzie McLelove, que j’adore (C’est mon paragraphe «appréciation».) Il y avait des violons, des cuivres, des invités de Malajube. Luc s’est plaint de l’appellation «rétro» que le groupe recevait, et s’en est défendu en clamant qu’ils étaient au fait des plus récentes technologies et en sortant le tape-cassette qui allait donner le ton d’une superbe ballade langoureuse. Et Pat est un maudit bon drummeur.Voilà!
À bien y penser, dans le fond, mes chroniques ne sont pas si en retard que ça et je me sens honteux d’en faire un concept aussi peu assumé. La semaine prochaine, je commenterai donc le concert des Beatles au forum en 64. Je me plaindrai du prix faramineux des billets couleur «crème» (5,50$, quelle honte). Payer cette somme pour entendre des petites hipsters en chaleur crier dans tes oreilles, c’est presque aussi pire que chercher l’avertisseur de fumée sans jamais le trouver. Il faudrait aussi trouver un système d’amplification de meilleure qualité, histoire d’entendre autre chose que la réverbération de l’écho de la voix de John qui s’époumone, parce que c’est lui qui chante le plus fort. En tout cas, c’est pour la semaine prochaine, et ma critique sera négative, parce que ça m’a révolté de ne pas avoir été là.
par Félix Dyotte / photos live JF Leblanc







