FUCKED UP : DAVID COMES TO LIFE

Avec “The Chemistry of Common Life”, le groupe Fucked Up nous a offert l’album de la consécration. Ce disque incroyable va permettre au sextette torontois de s’affranchir de l’étiquette hardcore, devenue trop catégorique pour définir avec exactitude le travail de Mike Haliechuk, Damian Abraham et Cie.

On pouvait se demander comment le groupe allait donner suite à The Chemistry of Common Life, un album encensé par la critique et lauréat du prix Polaris de l’année 2009? En faisant les choses en grand! C’est probablement ce que le groupe s’est dit, puisque sa dernière offrande n’est pas une mince affaire, oh que non!

David Comes to Life se présente comme la trame sonore d’une comédie musicale qui n’existe pas (encore).  Celle-ci se déroule dans une ville fictive d’angleterre (Byrdesdale Spa) à la fin des années 60 et se décline en quatre actes au cours desquels le héros, David, tombe amoureux d’une fille nommée Veronica qui, très tôt, est retrouvée morte. La deuxième partie met l’accent sur le procès du principal protagoniste et nous présente une galerie de nouveaux personnages et leurs versions des faits. David est-il coupable, en fin de compte? Dur à dire. Les chansons de l’album nous présentent toujours l’histoire à travers les yeux d’un personnage ou de l’autre, ce qui altère la réalité et ajoute son lot de confusion au récit présenté.

Musicalement, c’est beaucoup moins confus. Les compositions du groupe n’ont jamais été si riches, malgré le fait que ça ne ralentit pas souvent. La voix de Cookie Monster de Damian, toujours aussi puissante, est souvent accompagnée de doux chants féminins et il n’y a pas vraiment de temps mort. Cela dit, en 2011, un album de 18 chansons qui dure 85 minutes c’est un peu long et l’écoute des actes séparés (tranches de 4 ou 5 chansons) est fortement recommandée.

Pour ajouter à la trame de la comédie musicale, Fucked Up a sorti en avril dernier une compilation intitulée David’s Town qui contient des pièces de groupes fictifs aux styles divers provenant de la fausse ville où se déroule l’histoire, en plus de continuer à enregistrer des 7 pouces qui ajoutent de nouvelles facettes à l’intrigue proposée. Ouf… Vous suivez encore?

En attendant de démêler tout ça, on peut toujours se dire que jamais un band n’a si bien porté son nom!

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Pour : L’ingéniosité des compositions, notamment au niveau des guitares, versus l’accessibilité des refrains
Contre : La longueur et la complexité de l’histoire qui devient, par la force des choses, secondaire.

NOMAG: 4 / 5

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Par Charles Laplante