En multipliant les points de vue sur la centaine d’œuvres savamment triées parmi plus de 7600 pièces de la Collection du musée, la disposition occupe l’espace en grands ensembles dont: « Représentation, film et musique », « Circularité de l’expérience: un sens au cœur de l’agitation contemporaine » et « Les grands archétypes ». Et si ses regroupements orientent la vision autour d’axes qui témoignent des états d’esprit de l’art d’ici, ils offrent aussi la liberté de vagabonder d’une œuvre à l’autre, laissant libre cours au dialogue qui s’installe entre elles.
Au fur et à mesure que l’on découvre la singulière force qui émane de certaines pièces maîtresses, c’est surtout leur tranquille cohabitation qui intensifie leurs (non) sens. Frôlant le chaos, Déjà se veut le guide d’un gigantesque voyage dans tout l’espace du Musée comme dans sa mémoire faite des chocs, des heurts, des auto-références à la culture contemporaine mais aussi, des rémanences poétiques entre des œuvres qui s’appellent et se répondent, se prolongent en s’éclairant les unes et les autres.
Déjà, c’est aussi quelque chose comme l’âme d’une Collection à mille voix qui dépose en soi l’intense besoin d’en voir plus et d’entrer encore et encore en contact avec certaines installations. – Je pense à The Red Room-Child de Louise Bourgeois : une puissante mise en abîme d’une idée de collection dans une spirale. En cela, le Grand Déploiement accomplit sa mission de faire connaître la Collection et si son défaut est l’abondance, il faut peut-être y voir une invitation à transformer le rôle du visiteur en celui d’amant…
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Déjà, du 26 mai au 4 septembre 2011, au Musée d’Art Contemporain de Montréal
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Par Marie-Ève Sabourin Paquette








