CRITIQUE DE SPECTACLE: YOUNG WIDOWS + MY DISCO + ESSES // CASA DEL POPOLO 10/05/11
On ne m’y reprendra plus à me pointer à la Casa Del Popolo sans bouchons pour les oreilles. En y sortant mardi soir dernier, j’expérimentais une forme d’acouphène jusque là inédite : Mon cœur semblait battre à l’extérieur de mon corps, dans un univers sonore abstrait et embrouillé. Était-ce la cerise sur le sundae, la rançon d’une vie passée trop près des amplis? J’espérais que non.Le lendemain matin, tout était réglé, à mon grand bonheur. Toutefois, je me suis fait vraiment peur et je dois remercier les groupes qui jouaient dans la menue salle de la rue St-Laurent ce soir là pour m’avoir fait prendre conscience des dangers tangibles de l’abus de gros son.
Tout d’abord, Esses, groupe anglo montréalais, a servi de préambule approprié à ce qui allait suivre avec son robot rock expérimental et explosif et son bassiste danseur. À la moitié de leur set, la destruction de mes cellules ciliées était bel et bien entamée.
Ce fût ensuite le tour de My Disco de poursuivre l’abus de distorsion et de volume. Le groupe australien utilise des rythmes très dansants et répétitifs comme toile de fond pour les assauts corrosifs de son guitariste, Benjamin Andrews. Le son est tellement fort qu’il est carrément impossible d’entendre la voix de son bassiste de frère cadet Liam. Qu’à cela ne tienne, le disco de ce trio ne joue visiblement pas dans les mêmes plates-bandes que celui de la fin des années 70. Après leur prestation, je suis parti chercher du papier de toilette, pour le rouler en boule et me l’enfoncer dans les oreilles. Ce qui s’avéra être la plus sage décision de la soirée.
Formé en décembre 2005 des cendres de Breather Resist, Young Widows est un band post-hardcore originaire du Kentucky qui gagne à être connu. Le trio, formé de Evan Patterson (guitare, voix), Nick Thieneman (basse, voix) et Jeremy McMonigle (batterie), visitait Montréal pour la première fois depuis la sortie de leur plus récent opus In and Out of Youth and Lightness. Si quelques pièces de cet excellent album ont été jouées, leur set énergique et très solide mettait surtout en valeur les pièces plus heavy de leurs disques précédents : Old Wounds et Settle Down City. Encore une fois, c’était laborieux d’entendre les paroles chantées, mais je vous l’accorde, ce n’est pas la raison qui pousse les fans de post-hardcore ou de musique loud à courir les shows du genre. En fait, c’est le bruit fort contre lequel je chiâle depuis le début de cet article qui fait tripper les amateurs du genre et les fait s’entasser devant la scène, à deux pas des amplis. Vous avez deviné, je suis responsable de mon malheur… Et je vous jure que je mettrai des bouchons à l’avenir!
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Par Charles Laplante










