PRIESTBIRD : BUCHERON-SPIRITUEL

Dans la foulée des bands qui répondent aux mutations de l’industrie du disque en offrant leur musique en ligne pour une contribution volontaire, le groupe New Yorkais PriestBird nous arrive avec leur troisième album, Beachcombers, aussi sombre et enveloppant que le ciel de Montréal la semaine dernière. Si cet album était un vêtement, il serait sans doute un chandail de laine.

Tout d’abord il ne faut pas se fier au titre, Beachcombers est tout sauf une niche de summer hits ou se mélangent plages et concombres. Les neuf morceaux s’enchaînent sur une quarantaine de minutes d’ambiance bucheron-spirituel intenses, riches et hypnotiques qui projettent l’interlocuteur dans une paradoxale lourde sensation de légèreté. La voie inquiétante de Gregory Rogove réussi à frayer son chemin entre les violoncelles, pianos, xylophones et mandolines qui s’ajoutent aux classiques, guitares, batteries, basses pour compléter un tableau sonore aussi étoffé qu’une toile de Jackson Pollock.

L’album dans son ensemble essaie de trouver un équilibre entre la profondeur des arrangements des morceaux comme Bright Wind (4:30) et Yellow Noon (4:13) avec la relative légèreté d’autres titres comme Stay (3:20) et Gone (3:21), mais le son est si étayés que même les mélodies hyper efficaces n’arrivent pas à lier la sauce d’une pièce à l’autre d’un album qui devient rapidement répétitif et unidimensionnel dans son ensemble. C’est un disque que j’écouterais plutôt fracassé dans mes playlist.

Les deux titres Diamond (4:16) et Who Will Lead Us (6:27), qui s’enchaînent en plein coeur de l’album, contiennent probablement le meilleur de ce que la formation a à offrir. C’est d’ailleurs sur Diamond que le groupe a misé pour produire son premier clip.

L’album, co-produit par Sam Gossard de Pearl Jam laisse définitivement une impression mystique de fond de temple indien avec ses accords en suspension et ses rythmes lancinants qui tardent à marquer les mesures. La répétition et les lentes progressions en font un album dure a digérer dans son ensemble mais construit sur des  pièces individuelles puissantes et efficaces qui valent définitivement la contribution volontaire.

Pour : La complexité des morceaux

Contre : La redondance

NOMAG :  3 / 5

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Par : Félix Brooklyn