Inspiré par les longues plages de western italien des années 60 représentées par le génie d’Ennio Morricone, Danger Mouse aura mis plusieurs années à concrétiser Rome. Allant et venant entre d’autres projets et voyant à l’authenticité de la trame-sonore qu’il était sur le point de créer, le duo Mouse/Luppi a finalement touché la magie de la poussière du désert se levant au soleil couchant et ce, old-fashioned way dans le célèbre studio jadis utilisé par Morricone. Dans l’optique où le but de l’exercice était de créer une trame sonore pour un film n’existant que dans la tête des auditeurs, l’opération est réussie. Dès la première pièce, Theme Of Rome, les images jaillissent : un homme à cheval sur fond sépia, le corps mou suivant le rythme de la marche et le chapeau glissant au bout du nez. Sur 15 titres planants, Rome devient le théâtre d’une épopée se produisant autre part, dans une autre époque, rappellant seulement que le disque est tout récent par la collaboration de Norah Jones et de Jack White sur quatre titres respectifs.
Bien que leur participation à Rome donne une autre dimension au projet, des titres comme Season’s Trees appuyés de la voix sensuelle de Norah Jones tombent dans un registre plus jazzy qui dérange à la linéarité requise pour ce type d’album. Two Against One de Jack White, quant à elle, est probablement la seule chanson à pouvoir vivre en dehors des limites que l’album-concept s’impose et on se permet d’y questionner la pertinence. L’essence de cet hommage au western-spaghetti réside donc malheureusement davantage dans les titres instrumentaux et les interludes interprétés par l’orchestre original d’Ennio Morricone que dans les pièces griffées Jones et White, car lorsque Danger Mouse a évoqué le désir de repousser les limites du genre plus loin, il a failli à la tâche de laisser l’auditeur s’imprégner complètement.
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Pour : les images soulevées, Roman Blue, les interludes qui donnent du rythme et rappellent la vocation de l’album Contre : la limite du genre, Season’s Trees, la pochette complètement hors de proposNOMAG: 3.5 /5
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Par Opale L.








