COACHELLA 101 : PAIX. AMOUR. MUSIQUE.

Coachella, c’est au-dessus de 150 shows répartis sur 3 jours, des têtes d’affiche ultra convoitées, des petits bands indépendants au futur fort prometteur, du soleil, une moyenne de 35 degrés Celsius, une vue à couper le souffle, une population frisant le 75 000 par jour.  Peace & love & music. Quoi demander de mieux?

Voici un « recap » de mon expérience à Coachella 2011, en espérant pouvoir en inciter plus d’un à y aller, parce que si t’attends l’approbation de ta mère, ça peut être long.

L’ORGANISATION

Chapeau. 75 000 personnes, c’est pas facile à gérer. Malgré le fait que de rentrer dans le festival nécessite plus de restrictions que de passer les douanes pour les States (franchir et faire approuver son bracelet magnétique à trois reprises, vider sa bouteille de liquide, faire fouiller son sac deux fois, enlever son chapeau d’un coup que t’aies eu le goût de cacher une bouteille de liquide en-dessous?!?), on ne peut pas dire qu’il manque de sécurité, et dans ce genre d’événement, c’est assez important.

Autre fait intéressant, c’est le système de navettes vraiment réussi, couvrant les villes de Palm Springs, Palm Desert, Indian et La Quinta. Commençant dès 11 h le matin et se terminant 90 minutes après « la fin des dernières notes de musique », le service était continu, rapide, et une fille donnait même des clémentines aux voyageurs d’autobus le dernier soir. Sympathique et efficace!

LES INSTALLATIONS

Le site est gigantesque : 5 scènes réparties sur tout le site et toutes plus visuellement belles les unes que les autres, des éclairages audacieux, des écrans géants, des caméras incluant l’aiguilleur qui fait une job magistrale à donner un feeling même au spectateur « benché » dans le gazon au loin.

Le site comprend également une infirmerie, un enclos à boisson (interdit aux mineurs… 21 ans et +, vous ne pouvez échapper votre bière en essayant de dépasser dans une foule « crowdée » à laisser de côté son espace vital), un centre d’hydratation pour remplir sa bouteille d’eau, une multitudes de « stands » à bouteilles d’eau, des propositions de menus variés, végés, santé et quasi-abordables.

LES SHOWS : VENDREDI ou découvrir des styles vestimentaires

La fin de semaine commençait avec un show que je ne voulais pas manquer, The Rural Alberta Advantage. Évidemment, qui dit « début » dit « problèmes techniques » et « manque de foule ». Bref, le petit rassemblement de personnes a eu droit à un chanteur qui ne semblait pas s’entendre… Heureusement, le tout s’est réglé assez rapidement et le groupe a pu donner un spectacle digne de leurs excellents albums. Le batteur, fidèle à son habitude, a livré ses « beats » avec précision et rigueur, on aime ça.

Ensuite vint !!! le groupe que j’ai jamais pu nommer à voix haute, qui groovait en sale, mais qui était clairement dans une mauvaise case horaire, et Moving Groovits, au chanteur weirdo, déguisé en Jedi et qui devait suer sa vie accoutré de même. Je me suis ensuite dirigée vers Titus Andronicus, un band à la New-Jersey, Richie Sambora en moins, pour faire ma première découverte de la fin de semaine, The Drums, qui sonnaient comme du béton à faire frissonner n’importe quelle grand-mère.

Venait ensuite Cee-Lo Green, que j’avais VRAIMENT hâte de voir. Il est arrivé 25 minutes en retard. Je pense que j’ai donné dans la perte de temps sur son cas, je ne m’attarderai donc pas dessus. Fait à noter : quand t’es l’organisateur d’un événement comme Coachella, tu te permets de déploguer n’importe qui pendant son set, même s’il détient une chanson du top 10 de 2010. Voilà.

Deuxième découverte : Tame Impala. On pourrait dire même un coup de cœur. Beaucoup de rythme, super présence sur scène, du MGMT dans le look avec des riffs poignants qui viennent chercher n’importe quel amateur de rock. L’énergie était au rendez-vous, le chanteur était aussi souvent sur la scène qu’en bodysurfing dans la foule. Yeah!

Le festival étant ce qu’il est, les organisateurs nous poussent à faire des choix entre plusieurs artistes se produisant à la même heure. J’ai donc manqué le début de Lauryn Hill. Cela dit, elle donne un excellent show, sait faire embarquer la foule, crée des moments forts avec ses choristes et termine avec des chansons des Fugees. Un succès assuré.

Interpol est le premier band de la fin de semaine à avoir utilisé son « setting » de tournée en show. Et ça marchait. Je me suis surprise à regarder plus souvent les écrans géants situés de chaque côté de la scène que le spectacle, tellement le rendu vidéo était excellent. Tel que déjà mentionné, il y avait une équipe super efficace de cameramen-réalisateurs-aiguilleurs pour chacun des spectacles; les projections pour Interpol étaient particulièrement réussies parce qu’elles s’harmonisaient complètement au setup et à la musique. Des plans flous, off set, des ajustements de focus sur le chanteur puis le drummer en second plan, gros plan de pied qui tape sur le rythme derrière les pédales, c’était du vidéoclip. J’ai bien aimé aussi l’intrusion de spectateurs sur l’écran géant, avec un choix particulier pour les gens qui ne semblaient pas savoir qu’ils étaient filmés. C’était divertissant, bon, envoûtant, invitant, à refaire/revoir.

Ma soirée s’est super bien terminée, enchaînant les spectacles des Black Keys, Crystal Castles et Chemical Brothers. Les Black Keys y sont allés d’une première chanson, «Thickfreakness», qu’ils ont finie en version expérimentale; ça annonçait bien le reste du spectacle dans lequel ils ont accumulé les passes de guitare qui déchirent. C’était l’anniversaire de Patrick Carney, batteur du groupe, que la foule a salué en lui chantant «Happy Birthday». Ils ont terminé leur set avec «I Got Mine», un classique en soi.

Crystal Castles pourrait donner des leçons de prestation à n’importe quel «showman» de ce monde. Alice Glass était complètement en feu, bête de scène, elle sait attirer les regards. Tantôt debout sur le drum, ensuite couchée sur la scène, parfois bodysurfant dans la foule… Comment rocker en faisant de l’électro.

Les Chemical Brothers fermaient la soirée d’une scénarisation haute en couleurs, lumières, lightsticks dans la foule et beats à faire danser même des octogénaires. Je vous jure, il faisait aussi chaud à une heure du matin en plein milieu de la foule dansante que 12 heures plus tôt au soleil tapant. Ils ont enchaîné leurs morceaux connus tels que Chemical Beats, Star Guitar, Hey Boy Hey Girl ou Out of Control pour le plus grand plaisir des festivaliers.

Fait à noter : les filles qui s’habillaient avec une camisole en filet avec un bikini en-dessous, juste un bikini (oui-oui. Où c’est qu’elles mettaient leur argent?!), ou juste un bas de bikini avec des étoiles auto-collantes pour cacher ce qu’il y a à cacher. Hey fille,  peut-être ton accoutrement te semble approprié pour la température, mais pas pour l’événement. Peut-être que ça te rend sexy aux yeux de certains, mais la vulgarité ne fera jamais de toi une belle personne. Merci.

A suivre…

par Nadine Mathurin