COACHELLA 101 : PAIX. AMOUR. MUSIQUE.

LES SHOWS : DIMANCHE ou flirter avec la zone VIP

Le dimanche à Coachella, c’est fait pour apprécier les derniers moments, mettre un peu moins de crème solaire et faire de belles rencontres.

Je suis arrivée assez tôt, vers 15 h, pour voir le groupe brésilien Cansei de ser Sexy. Pour vous mettre en contexte, CSS sait faire lever une foule. Les filles portaient des vêtements une-pièce moulants colorés en motifs Tai Dai… criaient dans leur micro, dansaient, et ont joué Off the Hook, Let’s Make Love and Listen Death from Above et la supra-connue Music is My Hot Hot Sex. Plusieurs nouvelles chansons étaient également au menu, et laissent prévoir un prochain opus tout aussi éclaté que leur album éponyme.

Angus and Julia Stone en spectacle, c’est comme une publicité de Philadelphia. C’est beau, c’est joyeux, c’est doux, c’est moelleux. Mais c’est surtout très bon. Une sœur multi-instrumentaliste belle à croquer, un frère au charisme surnaturel et à la voix mielleuse. De jolies chansons. C’est le groupe le plus représentatif du Paix. Amour. et Musique de mon titre. La chimie était sur scène et s’est rapidement transmise vers la petite foule rassemblée pour voir le duo australien.

Fait à noter : Fille, si tu dépasses tout le monde pendant un spectacle pour venir te mettre juste devant moi pendant ta toune préférée, sincèrement, passe pas ton temps à filmer l’écran géant avant de retourner à l’arrière.

J’avais beaucoup d’appréhension avant le spectacle de Jimmy Eat World… En fait, pour le gag, j’aurais fini mon paragraphe là, mais pour l’explication, ils ont joué leur seule chanson très connue, leur seul hit, The Middle, tout de suite en partant. Bang. Ça m’en prenait pas plus pour me caller une pause toilette… tout de suite après la chanson.

Ensuite venait littéralement mon marathon DFA1979/Duran Duran/The Strokes/Kanye West. Marathon parce que je suis restée à la même place 6 heures de temps pour voir (que dis-je, très bien voir) les 4 derniers spectacles de la fin de semaine (et me faire manquer PJ Harvey, shame on me). Mon astuce fut de me caser juste à côté de l’immense zone VIP, là où les vedettes circulent, mais aussi où personne ne reste bien bien longtemps. Bref, l’endroit rêvé pour une fille petite et pour rencontrer d’autres filles petites supra-sympathiques.

Death from Above 1979, c’est ZE SHOW que j’attendais. Prétextant qu’ils étaient, et je cite « un peu tannés de jouer devant nos mères », le duo a enchaîné à un rythme effréné toutes leurs chansons avec un tel acharnement sur leur instrument, une frénésie si forte, comme si leur vie en dépendait. Ça, ça me plait. Ça a peut-être moins plu à la fille qui s’est faite littéralement «ramasser» dans le mosh pit, à en saigner de la lèvre sur ma robe… Mais ça donne bien le ton du show, non? Seul bémol : «Pourquoi vous n’avez pas joué Sexy Results? Pourquoi?»

Ensuite Duran Duran a livré une performance plus qu’admirable, variant de succès à nouveautés tout en fluidité. Simon LeBon bouge tellement sur scène, il a une aisance extraordinaire pour attirer tous les regards. J’ai vraiment apprécié leur hommage au compositeur de musique John Barry, décédé plus tôt cette année (et l’homme le plus oscarisé de l’histoire). Ils ont fait un medley des musiques tirées des trames sonores de James Bond, composées par Barry, pour finir en jouant A View to a Kill, l’une des meilleures chansons de leur répertoire. Le show de Duran Duran, c’est aussi voir David Hasselhoff se dandiner un peu saoul devant soi. Bref, un beau moment.

J’ai rarement vu Julian Casablancas des Strokes avoir l’air aussi content d’être dans un endroit qu’à Coachella. Vous savez, son air nonchalant, l’ignorance du public, ses sacres et son attitude qui laisse à désirer? C’était tout le contraire! Farceur, enjoué, accessible, il rigolait avec le groupe. Encore une fois, je lève mon chapeau à la réalisation pour les écrans géants, la vidéo ressemblant un peu aux projections pendant Interpol (voir première partie de l’article). Les Strokes ont livré beaucoup de chansons du nouvel album (que visiblement peu de personnes connaissaient), mais ils ne nous ont pas laissé sur notre faim, interprétant Hard to Explain, Someday, Modern Age, Juicebox, Under Control et évidemment Last Nite.

Kanye West. The King. Oui, ce sera probablement mon meilleur show de l’année. Parce que. Parce que lui, parce que 25 ballerines sur scène, parce que Justin de Bon Iver, parce que décor grandiose. Parce que toute. Il a commencé son spectacle dans la fameuse zone VIP (wink-wink) à côté de moi. Sur une plateforme s’élevant à une bonne dizaine de mètres du sol, il a chanté Dark Fantasy, pour y aller tout de suite après avec de la matière solide (avec Kanye West, on coupe pas dans le gras) : Power, Jesus Walks, Monster, Flashing Lights, Good Life, etc. Séparé en trois actes, Kanye West assure parfois le spectacle seul, parfois accompagné des danseuses qui exécutent des chorégraphies plutôt simples mais efficaces à souhait. Touch the Sky, All of the Lights (sans Rihanna… qui était pourtant dans la foule!?!) Stronger, Runaway, Lost in the World et Hey, Mama qui terminait le spectacle. Ce gars là coûte cher à faire venir en spectacle. Vraiment cher. Mais je sais un peu mieux pourquoi maintenant. Fou.

Coachella, j’y retourne.

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par Nadine Mathurin