ATARI TEENAGE RIOT: IS THIS HYPERREAL?


L’an dernier, LE spectacle qu’il fallait voir au festival Pop Montréal était celui d’Atari Teenage Riot, n’en déplaise aux amateurs du sempiternel  folk indie tapissant mur à mur la programmation de l’institution montréalaise. Le trio berlinois nous a offert une prestation intense et agressive à souhait  dans le cadre de sa première tournée depuis  11 ans. Sans compter que c’était sacrément drôle de voir un moshpit dont la moyenne d’âge était 35 ans!

Flashback en 1999, alors que le groupe, épuisé par son train de vie intense décide de tirer la plogue en milieu de tournée. Alec Empire, Hanin Elias, Nic Endo et Carl Crack sont au bord du gouffre et doivent prendre du recul face au monstre anarchiste qu’ils ont créé en trois albums. ATR est alors une version survitaminée de Rage Against the Machine, dont les membres se font couramment arrêter pour incitation à l’émeute et complots terroristes (évidemment, on parle de terrorisme pré-11 septembre 2001!), et dont la musique flirte de plus en plus avec le noise digital pur et simple. Bref, l’ado de 17 ans que je suis à cette époque n’a rien connu de plus violent et il adore ça.

De retour en 2011, alors que le groupe sort enfin son quatrième album, force est de constater que la philosophie anarchiste et les enjeux politiques privilégiés par le groupe sont encore d’actualités. Le contrôle gouvernemental et la manipulation des médias sont toujours les cibles du trio désormais composé d’Alec  Empire, Nic Endo et MC CX Kidtronix (Carl Crack est décédé d’une surdose de la drogue qui porte son nom en 2001 et Hanin Elias se concentre sur son travail solo). Plus accessible que 60 second Wipe-Out, mais aussi frénétique que Delete Yourself, l’album immortalise un groupe qui contre toute logique, est encore au sommet de sa forme, 12 ans plus tard, à l’ère des réseaux sociaux et de l’omniprésence de l’Internet qui, vous l’aurez deviné, font partie des sujets auxquels la bande s’attaque désormais. Dans Blood in my Eyes, on jurerait entendre Hanin Elias, alors que Nic Endo s’occupe désormais de la voix féminine enragée (ce qu’elle fait d’ailleurs fort bien). Black Flags et Codebreaker rappellent les envolées davantage punks que dance que le groupe avait l’habitude de nous servir et les deux meilleures pièces de l’album Shadow Identity et The Only Slight Glimmer of Hope auraient eu leur place dans la suite de Tron parue l’année dernière.

En définitive, voilà un surprenant retour que les fans n’attendaient plus. Le Digital Hardcore est toujours vivant!

Pour: Le fait que le groupe semble avoir dormi dans de la glace pendant son absence et sonne aussi enragé qu’à la fin des années 1990.

Contre: Le fait qu’après toute ces années, ATR soit encore le seul band à évoluer dans le créneau du Digital Hardcore… On en veut plus!

NOMAG : 4 / 5

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Date de sortie d’album : 7 juin 2011

By Charles Laplante