À voir la mine de fin de tournée de Craig Fox, Little Jack Lawrence (LJ) et Patrick Keeler, je n’avais qu’une certitude : l’entrevue serait courte.
C’est que les Greenhornes sont plus du genre à préférer jouer leur musique plutôt que de passer leur temps à l’analyser et la verbaliser. De toute façon, et ils sont les premiers à l’affirmer, ils ne sont pas là pour réinventer la roue. Depuis 1996, le trio a un plaisir fou à jouer son rock que n’auraient pas renié les Stones du début 70, les Kinks ou les Sonics.
Qu’on se le dise d’emblée, si huit années ont séparé la sortie des deux derniers opus du groupe, Dual Mono et ★★★★, ce n’est pas parce que le groupe s’est séparé avant de se réunir à nouveau. Comme le raconte Little jack: « C’était juste une période entre deux albums un peu plus longue que d’habitude, en grande partie due au fait que moi et Patrick avons rejoint les Raconteurs…Bon et ensuite je suis parti avec les Dead Weather et Patrick a enregistré l’album de Wanda Jackson, mais en gros, nous n’avons jamais cessé de jouer ensemble.»
Donc, deux albums des Raconteurs et des Dead Weather (ainsi que celui de l’ancienne maîtresse du king!) plus tard, le groupe est de retour avec l’album numéro quatre (non, le titre n’est pas une autocritique du contenu de l’album…). Paru sur le label de leur vieil ami Jack White, Thirdman Records, le disque offre tout ce que les Greenhornes font de mieux : du bon rock à saveur garage bien solide et des ballades sixties qui se terminent souvent en jams psychédéliques, particulièrement sur une scène.
Et ce concert, c’était comment?
S’ils étaient plutôt pâles et peu loquaces en entrevue, les trois musiciens (accompagnés d’un ami claviériste) sont arrivés sur scène revitalisés et ont donné un show d’enfer en ajoutant une bonne dose de disto à leurs pièces énergiques et des improvisations ingénieuses aux morceaux plus langoureux. Patrick Keeler est l’un des meilleurs batteurs du rock américain et il est le pilier sur lequel s’appuient Little Jack à la basse et Mr. Fox à la guitare. Bref, ils ont beau préférer le studio à la tournée, reste qu’une fois le premier riff de Underestimator joué en tout début de spectacle, on a tous pu les voir esquisser un sourire. Comme me le disait d’ailleurs Keeler : « Jouer sur scène c’est toujours vraiment cool, mais c’est tout le reste qui nous tape sur les nerfs et qui nous fatigue! On est loin de nos familles, on conduit de longues heures, on trimballe nos instruments sans arrêt et on attrape toutes sortes de virus… Et même si on a plus de fans depuis que Jack (White) parle de nous, ce n’est pas comme si on était rendu au même niveau que U2 ».
Reste qu’à mon humble avis, les gars, vous faites un meilleur show! Cent fois.
http://greenhornes.squarespace.com/
Par Charles Laplante








