LITTLE SCREAM: DE LONGUE HALEINE

Laurel Sprengelmeyer a pris son temps. Le temps de laisser murir son projet, de travailler avec les bonnes personnes, de valider les détails et de se donner entière satisfaction. Little Scream ne laisse place à aucun hasard, sans que ce soit faussement calculé.


Vendredi dernier, la brunette et son groupe, réuni pour l’occasion, ont ouvert pour Plants & Animal. Perso, j’étais là pour Little Scream, et franchement, j’aurais aimé qu’elle joue des heures et des heures. Fringuée pour l’occasion comme une Zoey Deschanel en fleur, Laurel a enchanté le National. Avec sa voix portée en écho, à la fois fantomatique et mélodique, c’est un son céleste qui a remplit la salle.

Rencontrée à peine une dizaine de minutes après son set, la demoiselle était contente. L’attente a valu la peine.

« In 2007, people were really excited about the project. They all told me to get it out on the web. But I’ve worked for Pop Montreal and I know how it goes, people pass judgement 5 minutes after they hear something. I put the album out when I felt I’d done the best of it. »


Maintenant que l’album The Golden Record est sorti, elle se remémore:

« I was impatient at first. But it’s important to sit with things, it’s more thoughtful. »


Et elle a raison. Il y a une réflexion dans cet album aux accords aériens.  Montréalaise d’adoption, Laurel est née aux States en Iowa, où son papa lui chantait les Velvet Underground en berceuse. Débarquée en ville des années plus tard avec le copain de l’époque, elle s’est établit ici sans trop s’en rendre compte, partageant un état d’esprit qu’elle aimait ici :

« There are places where people are on the idea of making it, not so much about the rest.  In Montreal, people don’t care about making it, they just want to be creative. »


Pas mal de choses s’enviennent pour Little Scream; une grosse tournée partout dans le monde. Faut croire que les gens l’attendaient déjà. Plus que ravie de partager son projet, bien que ce soit elle, et elle seule, qui soit derrière Little Scream, Laurel aime que les musiciens qui l’accompagnent sur scène s’approprient les mélodies. Et c’est une philosophie qui était bien sentie vendredi dernier. Un esprit collaboratif régnait entre elle et son band. Eux et le public.

Bref, attentes et réception, à l’unisson pour Little Scream.

http://www.littlescream.com/

Par Sara BB / Photos Rodolfo Moraga