Je n’avais pas vraiment aimé “Rêves, chimères et mascarade”, le précédent spectacle d’Omnibus, que j’avais qualifié de Facebook théâtral et d’exercice sans substance. Disons que… Sous silence est moins pire, qu’il y a, ici et là, des petits éclairs de profondeur et de temps à autre un deuxième degré, mais disons aussi qu’il y a encore du chemin à faire…
C’est le français Hugues Hollenstein qui a vu à l’élaboration de ce projet. Et, visuellement, le résultat est très beau : des projections vidéo sur le sol transportent le spectateur vers d’autres lieux, le berçant avec la houle ou avec les vagues du fleuve. Les corps des comédiens se lovent, se fondent, se marient avec ces univers et le résultat est, ma foi, convaincant.
Mais c’est dans le (pauvre) propos que ça se gâte. Des morceaux de monologues scandent le spectacle, récités à tour de rôle par les quatre comédiens. C’est sans rime ni raison, sans lien, sans but démontré. Pourquoi dire ceci plutôt que cela? Pourquoi la grande banalité de la plupart de ces textes? La production semble hésiter entre le théâtre et la danse contemporaine et l’alliage des deux ne se fait pas harmonieusement, peu s’en faut. Et les moments les plus forts sont ceux où le geste et la performance physique prennent toute la place, occultant une parole dont on questionne de toute façon l’utilité.
Je me demandais si les quatre comédiens, Anne Sabourin, Sacha Ouellet-Deguire, Pascal Contamine et Catherine de Sève, ont l’impression d’endosser différentes personnalités, en d’autres mots, de jouer un rôle. Le sentiment qui m’habite c’est qu’ils sont tout simplement eux-mêmes sur cette scène. Ils se livrent à une performance très physique, avec beaucoup de conviction d’ailleurs, mais à aucun moment je n’ai senti qu’ils incarnaient un personnage. Ce n’est peut-être pas le but d’ailleurs. Mais alors le jeu ne se fait qu’à un seul niveau, celui du corps. Et même si ce côté-là est réussi, je demeure un peu sur ma faim.
…Sous silence est présenté à l’Espace Libre jusqu’au 19 février
par MC5








