BARILA : CROCHE PIEDS

En sortant du défilé, je m’étais maladroitement convaincue que j’éviterais le mauvais jeu de mot sur l’incident du soulier chez Barila. Sans succès. C’est que pour quelqu’un qui n’a pas su totalement apprécier la direction de la collection, les quelques trébuchades des modèles sont apparues comme un plus-value assez divertissant.

Pas que ce n’était pas beau, c’est un terme beaucoup trop vague, on a tous vu bien pire à la Semaine de Mode, c’était un brin ordinaire. C’est juste que de longues pièces informes dans un coton lourd et beige qui n’avantagent même pas la mannequin en manque d’équilibre, je me demande c’est pour qui.

Je pense qu’au delà d’un choix de couleurs discutables, c’est le manque de détails des pièces que je reproche à cette collection. Je n’ai pas senti la recherche dans les pièces. Pas de jeux de volumes particulier, ni de tissus précieux, de jolis boutons. Seulement des poches apparentes et des cols roulés. Définitivement, trop de cols roulés, la plupart du temps utilisés pour rehausser un morceau à la coupe correcte.

Il y a eu bien sûr quelques bons coups : la cape en fourrure de castor (il me semble que c’est du castor), les chapeau (la classe) et la mise en beauté des filles qui étaient toutes jolies (le minois concentré au max pour éviter la chute).

Ayant assisté à l’opéra de Werther en janvier dernier où la designer s’est occupée de concevoir les costumes, je me demande pourquoi on a pas eu droit à plus de fantaisie dans la collection présentée. Lors du spectacle, c’était de toute beauté, d’élégantes robes et manteaux à la sauce années 20, parfois pailletés, d’autres fois de velours et de soie.

Disons que j’aurais pris plus d’opérette et moins de trébuchettes.

Par Sara BB; Photos Camille Brunet

Publié le mardi 15 février 2011