Le fait qu’il manque trente degrés au mercure pour atteindre le point de congélation est un excellent facteur de démotivation lorsque vient le temps de sortir de son logis pour aller voir un show. Ajoutez à cela le facteur “premier jour de la semaine” et vous restez habituellement chez vous. Par contre, il aurait fallu beaucoup plus que ça pour me retenir d’aller voir Kylesa au Il Motore lundi dernier, le 24 janvier.
Forts de l’un des meilleurs albums heavy de l’année 2010 (Spiral Shadow), le quintette de Savannah, en Georgie est venu défendre ladite galette. Auparavant aperçus en 2009, en tant que première partie de leurs contemporains de Mastodon au National, ils étaient cette fois ci tout en haut de l’affiche et j’avais bien hâte de les revoir. À en juger par l’écriteau “Sold Out” flanqué sur la porte de la salle du boulevard Jean-Talon, je n’étais pas seul.
Pour la petite histoire, rappelons que Kylesa a été créé en 2001 lorsque certains membres de Damad, groupe influent de Sludge des années 1990 mené par Philip Cope, ont décidé de faire de la musique avec Laura Pleasants, une chanteuse-guitariste. Après plusieurs remaniements au niveau du personnel, Cope et Pleasants sont les seuls membres originaux et ils sont désormais accompagnés de deux batteurs (Carl McGinley/Tyler Newberry) et d’un bassiste (Corey Barhorst). Leurs attaques percussives et le mélange de leurs voix singulières sont les principaux éléments qui caractérisent leur musique. D’ailleurs, Cope et Barhorst troquent parfois leurs instruments à cordes contre claviers et autres percussions, ce qui ne manque pas de rehausser sporadiquement l’effet de l’assaut et d’ajouter de la texture et du dynamisme à l’ensemble.
Depuis la sortie de Static Tensions en 2009, Kylesa ne quitte plus le radar des fans de métal. Leur dernier-né fait présentement fureur auprès des journalistes spécialisés, comme le faisait à l’époque le Leviathan de Mastodon. Si on se fie à leur courbe de popularité, nous ne les reverrons plus dans une salle comme le Il Motore de si tôt.
Sur scène, le groupe enchaîne les pièces de leurs quatre albums antérieurs et les nouveautés sans trop de blabla et les arrangements plus subtils se perdent un peu dans un magma de basse et de distorsion. Ce qui, somme toute, est le lot de plusieurs groupes lourds qui sont plus subtils en studio, surtout lorsque l’acoustique de la salle est limité comme celui du Il Motore. J’en reprendrais volontiers lors d’un headline au National, à la Sala Rossa ou, qui sait, au Métropolis? Bref, je n’ai pas regretté d’avoir gelé sur le coin de la rue en attendant l’autobus sans combines.
Texte et photos/Charles Laplante









