Yves Saint-Laurent et Pierre Bergé forment un couple plus que complémentaire. L’un est artiste jusqu’au bout des ongles, quasi (ou selon l’époque, carrément) dépressif… alors que l’autre porte le chapeau d’homme d’affaires et de tête pensante.
Le documentaire du photographe Pierre Thorreton narre l’amour entre les deux hommes. Se servant d’images d’archives, de séquences filmées dans les différentes demeures des hommes et principalement des propos de Pierre Bergé, on retrace leur histoire à travers les époques et à travers les objets. L’accent est mis sur l’importance de leurs maisons (ils en avaient 3: Paris, Marrakech et en Normandie), évidement sur leur impressionnante collection d’art.
On comprend tout au long du film comment Pierre et Yves sont intimes et forment une équipe. Ils ont mené une vie pleine d’excès et de succès. Et leurs nids d’amour reflètent tout ça. Le long-métrage survole la carrière d’Yves Saint-Laurent, les débuts et les moments de gloire, les maisons qu’ils ont possédées et la collection d’art.
L’entrevue avec Pierre Bergé a été filmée alors qu’il était en pleine préparation d’une méga-vente de la collection d’œuvres d’art qu’il avait constitué avec Yves Saint-Laurent. Pas longtemps après la mort du créateur. Et alors? Je pense que ce n’est pas juste moi, mais j’ai trouvé extrêmement étrange de voir, d’abord, la constitution de cette fameuse collection, comment les deux hommes se sont intéressés à l’art, mais sous forme de coup de cœur et non par désir de constituer une collection qui prendrait de la valeur. Et ensuite, de voir Pierre Bergé organiser une vente en partenariat avec Christie’s de leur collection, constituée en 50 ans, et surtout, de voir les images de l’homme s’extasier à chaque fois qu’une œuvre se vendait et les prix atteignaient 22 millions d’euros. À quelque part, ce n’est pas complètement farfelu: la dite collection comprend des artistes majeurs tels que Mondrian, Cézanne, et autres.
Simplement que, à un moment, Pierre Bergé pose la question: «Si j’étais mort en premier, est-ce qu’Yves aurait fait cette vente? Je ne sais pas.» Poser la question, c’est y répondre.
Bien qu’un peu décousu, le film montre un côté de la vie privée des deux hommes et ce n’est pas sans intérêt. Il agit comme une sorte de complément à l’exposition qui était passée à Montréal il y a quelques temps: sans mettre l’accent sur les technicalités du travail de couturier ou les pièces maîtresses, il vient raconter l’amour derrière le travail de ces deux hommes.
par Sara BB






