2010 SUR LES PLANCHES

Félix Brooklyn et MC5 ont vu, à eux deux, plus d’une vingtaine de pièces cette année, de l’Usine C au Rideau-Vert en passant par le bon vieux Duceppe. Voici ce qu’ils ont le plus aimé – et détesté.

Les trois meilleurs spectacles de MC5 (pas nécessairement dans cet ordre)

Le dieu du carnage de Yasmina Reza au TNM: songé.

Une partie avec l’empereur de Stéphane Brulotte au Théâtre Jean Duceppe: l’histoire revisitée de la façon la plus intelligente qui soit.

Il Campiello de Goldoni Théâtre de l’Opsis: complètement fou et totalement jouissif.

Le prix du spectacle le plus plate va à La cerisaie de Tchekov présenté au Théâtre Jean Duceppe.

Et celui du fourre-tout le plus insignifiant à Rêves, Chimères et Mascarade de Réal Bossé, Pascal Contamine et Christian Leblanc.

…et celui de Félix Brooklyn

Gaff Aff de Zimmermann & De Perrot à l’Usine C: spectaculairement inventif. Non, ce n’est pas que du théâtre, mais ce n’est pas que de la danse ou que de la musique non plus. Le duo suisse Zimmermann & De Perrot transcende les catégories pour se nicher dans la pure création, à mon sens, le génie. C’est le genre de spectacle et surtout le genre d’artiste qu’il ne faut pas manquer. Si vous passer par l’Europe, ils y seront pour le reste de leur longue tournée qui s’achèvera à Paris à la fin du mois de Mai.

Exécuteur 14 d’ Adel Hakim à l’Usine C: une pièce ou un coup de poing? Je ne sais plus mais je suis rester marqué pendant des semaines. Ce qu’il faut savoir de ce monologue, c’est que le texte est d’une richesse pharaonique. L’auteur Adel Hakim (doctorant en philosophie de la Sorbonne) y démontre un talent gênant pour n’importe qui ayant déjà tenu un crayon. Les thèmes sont lourds mais amenées avec une finesse déstabilisante.

La nuit juste avant les forêts de Bernard-Marie Koltès au 661 rue rose-de-Lima: pour l’originalité, pour le fond et beaucoup pour la forme. Cette pièce présentée dans le fond d’un hangar m’a fait découvrir la vision bien explosée de l’expérience théâtrale proposée par la compagnie des Sibyllines et sa directrice Brigitte Haentjens qui vient d’être nommée à la tête du Centre national des Arts à Ottawa. C’est du théâtre libre, excitant et pertinent. La pièce est en supplémentaire jusqu’au 18 décembre.

par MC5 et Félix Brooklyn