Certains de nos collabos sont sortis du cadre pour renflouer leur top de judicieux commentaires. Les voici, livrés pour vous.
Pour le top tissé serré, c’est ici.
Top de Charles Laplante
10. Wavves, King of the Beach
Une symbiose parfaite entre Nirvana et les Beach boys. Le très instable Nathan Williams ne cesse de s’améliorer à chaque album, et c’est encore mieux depuis qu’il a un vrai band.
9. The Black Keys, Brothers
N’en déplaise aux puristes, la relation entre Danger Mouse et le groupe d’Akron se poursuit de plus belle. Next girlfriend est la meilleure chanson pour se recrinquer le moral après une rupture (après Yesterday don’t mean shit de Pantera, of course!)
Le leader de Chocolat revient à ses premières amours et affiche un côté davantage romantique que tape-à-l’œil grâce à ce premier album solo (du moins officiellement). Selon moi le meilleur album franco-québécois de l’année. La pièce les moineaux et les loups est belle à pleurer et le reste à tout pour plaire.
7. Liars, Sisterworld
Le groupe Dance-punk expérimental se fait cette fois-ci beaucoup plus angoissant que dansant et le résultat est extrêmement satisfaisant. L’album de remix qui accompagne l’édition spéciale contient des bijoux et des horreurs (comme tous les albums de remix dans le fond!).
6 . The National, High Violet
Le disque le plus écorché de la bande de Matt Berninger est également le plus désespérément beau de sa discographie.
5. Serena Maneesh, SM2: Abyss in B Minor
Groupe norvégien donnant dans le punk –noise-shoegaze (ou vice-versa). Du bonbon pour les oreilles friandes de distorsion et de petites voix féminines recalées à l’arrière plan (les éléments classiques du shoegaze, bref). Le premier album, aussi bon que ce deuxième, est sorti ici en 2006 alors oui, on peut parler d’un secret bien gardé.
4. Daft Punk, Tron Legacy
Je n’ai jamais été un gros fan du duo de robot le plus tape-à-l’œil depuis celui de Star Wars, mais je dois avouer que la trame sonore du prochain Tron m’est rentrée dedans dès la première écoute. C’est que le duo a choisi d’opter pour des arrangements de cordes entrelacés par des synthés juste assez vintage. Prédiction: il y aura beaucoup plus d’action dans ce nouveau film que dans l’original.
3. The Greenhornes, ★★★★
Le groupe favori de Jack White est de retour après une absence prolongée de huit ans. Messieurs Patrick Keeler et Jack Lawrence étaient entretemps occupés dans les Raconteurs et les Dead Weather.
Idéal pour les fans des Kinks et du bon vieux rock garage dans son ensemble.
2. Deftones, Diamond Eyes
Le dernier album du seul groupe ayant survécu au Nu-metal est également son meilleur depuis Around the Fur (1997). Poignant, planant, aggressif et lourd à souhait. Comme quoi on peut tirer du positif des expériences négatives (le bassiste original du groupe, Chi Cheng est dans le coma depuis novembre 2008, ce qui a forcé le groupe a engager Sergio Vega de Quicksand pour ce nouvel opus).
1. Grinderman, Grinderman 2
Le groupe de Nick Cave arrive bon premier dans mes choix de l’année en raison de son rock halluciné et gorgé d’énergie. Quand la moyenne d’âge des membres d’un groupe est de 50 ans et que ce groupe botte le cul de tous les bands dont les membres ont 30 ans ou moins, c’est le temps de refaire confiance au rock et à ses vertus revigorantes.
SHOWS
5. Juliette Lewis @ Cabaret du Mile-End
La célèbre comédienne nous à prouvé hors de tout doute que sa vraie carrière c’est le rock n’ roll. Inspirant à la fois Iggy Pop, Patti Smith et PJ Harvey, la chétive chanteuse qui en a dedans nous a donné une véritable leçon de scène, en dépit du fait que sa musique n’est pas la plus originale.
4. Mastodon @ Québec
Les gars d’Atlanta étaient la tête d’affiche du festival au nom le moins rock de toute leur carrière (Envol et Macadam) et ce spectacle était un réchauffement avant la tournée Blackdiamondskye (avec Alice in Chains et Deftones). Un bon vieux greatest hits garroché avec brio à un public peu nombreux mais conquis. Les gars de Malajube jouaient dans une tente sur le même site en même temps et semble-t-il qu’il y avait plus de monde là-bas. Tant pis pour eux, ils ne savent pas ce qu’ils ont manqué.
3. Atari Teenage Riot @ Foufs
Alec Empire et Nic Endo ont-ils dormi en cuillère dans de la glace pendant les dix dernières années? C’est la question que je me suis posé pendant qu’une aggression sonore et visuelle de tous les diables se déchainait devant moi. Le temps semble en effet s’être arrêté pour eux puisqu’ils étaient ce soir là dans une forme olympique. C’était loin d’être un de ces shows-réunions pathétiques et ça faisait vraiment du bien de slammer en malade avec des trentenaires comme si c’était 1999 à nouveau.
Un show de Nick Cave est toujours une expérience quasi-religieuse, qu’il soit avec les Bad Seeds ou Grinderman. Ce qui est différent avec ce band, c’est évidemment le fait que ça ne ralentit pas souvent au niveau de l’intensité. Bien sûr, je suis un fan inconditionnel de Nick Cave, mais c’est sans gêne et sans parti pris que je le fous en tête de liste.
1. Megadeth @ Heavy Mtl et au Metropolis
Deux shows de Megadeth le même soir. Si j’avais dit au petit gars de 10 ans que j’étais quand j’ai commencé à vouer un culte au groupe de Dave Mustaine, il aurait probablement capoté. Quand il a fini de jouer l’intégrale de Rust in Peace au gros festival du parc Jean-Drapeau, le groupe a franchi le pont Jacques Cartier vers le Metropolis en ne répandant la nouvelle que sur Twitter. Les métalleux sont-ils moins branchés sur les réseaux sociaux? Probablement. En tout cas il n’y avait que 300 personnes dans la salle à 2h du matin alors que le groupe commençait un show secret rempli de nouvelles (This day we fight!) et de très vieilles tounes (The Mechanix). Grinderman a passé très près d’arriver premier aussi dans cette catégorie, mais deux shows dans la même soirée, c’est juste trop rare…Surtout pour un band aussi sauvage et techniquement irréprochable.
Révélation de l’année: Kanye West. Je n’ai pas mis son album dans le top de mes albums simplement parce que je ne vais pas l’écouter trop souvent. Je dois toutefois reconnaître que dans le hip-hop mainstream, je n’ai jamais écouté un meilleur album, alors que j’ai trouvé mauvaises tous les autres galettes de cette enflure cosmique. Pour une fois que Yeezy sort un disque à la hauteur de ses prétentions, je n’irai pas cracher dans la soupe. Alors voilà, ma révélation de l’année est, pour une fois, un truc ultra-populaire dont l’ingéniosité est impossible à démentir.
Pire réunion de l’année: Stone Temple Pilots. Un nouvel album assez moyen et une tournée annulée en plein milieu pour cause de comportement erratique d’un chanteur bien intoxiqué. On connait la chanson.
Meilleure réunion de l’année: Soundgarden. On a eu vraiment peur lorsque Chris Cornell a twitté le retour de Soundgarden (dieux parmi les insectes du grunge, selon moi) en janvier dernier. Bon, cette peur était nourrie par le bide interstellaire que venait de pondre Cornell avec Timbaland, reste que je me méfie toujours du retour d’un groupe autrefois adoré. Coup de théâtre, Kim, Ben et Matt sont toujours les forces immuables qu’ils étaient et Chris sait encore chanter!! Comme en témoignent les chansons enregistrées lors des rares spectacles captés en 2010. Vivement un nouvel album et ce coffret de B-sides promis depuis dix ans.
Top de François Dupraz
Twenty-ten will officially be remembered as the year music finally ran out of ideas and just started halfheartedly imitating anything it could get its hands on. I honestly can’t remember a year with this many creatively bankrupt releases. Here are a few albums that didn’t make me yawn.
Field Recordings From Alan Lomax’s “Southern Journey”, 1959-1960 (4 volume LPs on Mississippi Records), Various Artists – Listen to any one of these LP’s (remastered from the original tapes) and then we’ll talk about any new release this year and what they lacked. Alan Lomax was a saint who travelled the world recording backwoods musicians and vocalists in their churches, homes, prisons, on their chain-gangs and back-porches. This is pure undiluted human soul stripped bare for your listening pleasure.
Hip Hop Reggae Series volumes 2 & 3, Taggy Matcher & Mato – I can’t tell where Taggy Matcher begins and Mato ends and I could care less. Both these collections came out this year on Stix France and are pretty much indistinguishable from each other. Cheggitout: they both cut up old Trojan reggae and superimpose classic hip-hop rhymes overtop. Best dance music of the year by far. It the same note over and over again with these guys but it’s a great note. Simple and fun, it’s technology without the boring.
The Suburbs, Arcade Fire — Lester Bangs always appreciated artists who had personality, whose music asked questions and had purpose. No, this album isn’t perfect, but Arcade Fire remain one of the few bands willing to take conceptual chances and attempt to elevate music to art. I thank them for thinking.
Much like the Clash in the late ‘70s they are, by default, “the only band that matters.”
Revelation of the year: J Cole. Hip-hop is in serious, serious trouble but J Cole took it off life-support. “Who Dat” was this year’s best jam and it wasn’t even close. His album drops in 2011, I hope to Christ it doesn’t blow.
Most Critically Overrated Albums of 2010 (in no real order)
Teen Dream, Beach House: Glossy, empty, boring and devoid of any new ideas, Beach House’s Teen Dream pretty much encapsulates the musical burnout that was 2010. This album is the one night stand equivalent of lying starfish with your hands at your side and refusing to blink.
Thank Me Later, Drake: Years from now we’ll find out that Drake was bankrolled by the Linoleum Tile Manufactures Association of Canada, Wonderbread and whoever else who knows what “ bangin’” hip-hop should sound like.
Treats, Sleigh Bells: Sounds exactly like what it is: a guy from a ‘90s “nu-metal” band, some girl who used to be on Nickelodeon and a drum machine.
Crystal Castles, Crystal Castles: Reminds me of the techno that UFC fans love, well that and screaming.
Top disques Kristof G.
Out Of Our Minds, Melissa Auf der Maur — Après moult troubles de label, MAdM a finalement réussi à le sortir son deuxième album, tout aussi rockalterno que le premier, mais en plus fouillé et personnel. Rarement l’attente en aura autant valu la chandelle.
Belmundo Regal, Radio Radio – Moins rentre-dedans qu’avant mais tout aussi accrocheur. Même sans cet excité de Timo. On se régale (‘scusez-la).
$O$, Die Antwoord — Ça te rentre dans les oreilles pour plus jamais en sortir; jamais on aurait pensé groover sur des rythmes si technoïdes. Le flow de Ninja torche 100 fois celui du Eminem nouveau, yo.
White with Foam, Madlove – Unique, étrange, éthéré, surprenant.
Ex-æquo: Versitis Maximus, Trigger Effect et Golden Bombay, Misteur Valaire — Pour leur côté DIY, leur énergie et tout le fun qu’ils ont et qu’on a à les écouter, respectivement.
FNM, on les a enfin vus en show, à Brooklyn NYC, dehors sur le bord de l’eau… sublime; Alice in Chains, intense et touchant concert au Metropolis, même sans le grand Layne Staley; Masada Marathon, à la Place des Arts au FIJM en juillet, plus de 5 heures de compositions de l’immense John Zorn via différentes formations… incroyable, on en aurait même repris; Heavy MTL, ou la plus intense expérience vécue par ce mélomane journaliste ever (n’est-ce pas Charles?).Et en vrac (ex-æquo), Ozzy (immortel Iron Man), Hank III (généreux gentleman punktry), Die Antwoord (crinqués techno-rap 2.0, 2 fois en 3 mois!), Melvins (trop lourd, trop puissant, trop fort!), Gonzales (concerto aussi magique que déjanté), Malajube (unplugged sur le toit d’Ubisoft lors de Pop Montréal… priceless) et un trio de vieux mais toujours aussi motivés punks (Henry Rollins, Jello Biafra et Johnny ‘Rotten’ Lydon).
Révélation de l’année: Die Antwoord, pour son côté iconoclaste et irrévérencieux, pour son habile usage du web et son hip-hop parodique millésimé 2010.
Top disques Lee Anne Vincent O’Connor
From the Westside With Love, Dom Kennedy
Un album qui est vite devenu l’un des plus écoutés sur mon ipod. Des bons beats lourds (à la sauce West Coast) et des paroles mémorables.
Un album feel good qui met un sourire aux lèvres. À écouter dans les transports en commun ou avant de sortir.
How I Got Over, The Roots
How I Got Over n’est pas dans mon top simplement parce que The Roots est mon band favori, mais l’album tue. Pour ceux qui ont écouté Do You Want More, Illadelph Halflife et même Things Fall Apart, HIGO c’est un retour aux sources rootsiennes. Des lyrics engagés, des beats incroyables, The Roots comme on les aime.
Revolution Per Minute, Reflection Eternal, Talib Kweli & Hi-Tek
Pour ceux qui, comme moi, préfèrent Kweli en duo (à quand le prochain Black Star?!), RPM est un album à avoir. 10 ans après Train of Thought, le duo Kweli et Tek nous ont offert une perle. Du Kweli engagé et du Tek comme d’hab’ (c’est-à-dire fort). Définitivement un album de printemps, un album de renouveau, des tounes mémorables qui font en sorte que tu ne peux t’empêcher de lipsync-er (ou ça, c’est peut-être juste moi…)
New Amerykah Part Two (The Return of the Ankh), Erykah Badu
Erykah Badu, ce n’est pas compliqué, c’est mon artiste favorite (ça ne vous surprendra pas que ma toune favorite c’est «You Got Me» par The Roots featuring Erykah Badu). New Amerykah Part One était tellement bon, que je ne croyais qu’il était possible de le surpasser, mais au fond, il ne faut pas sous-estimer Badu. Les mots me manquent pour vous pourquoi l’album est dans mon top 5, il faut l’écouter. Et puis, il faut aussi voir le clip «Window Seat»; elle a eu un mandat d’arrêt à son nom parce qu’elle s’est mise à nue en public. Ah Erykah.
Flying Lotus, une découverte récente (je sais, shame on me) mais quelle découverte ! Je peux écouter Cosmogramma en boucle, en jouant la chef, la ménagère, l’amoureuse, you know (complexe de la superwoman). Son craquant de vinyle, influences jazz, bonne ligne de percussions… Encore une fois, les mots me manquent- preuve que l’album parle de lui-même. Hop hop à vos listes de Noël.
SHOWS
Muse @ Centre Bell. Bon, voilà, ce n’est pas du hip-hop! Et oui, Muse, j’y étais et j’ai aimé! Il faut dire que tous les éléments étaient réunis (voir article sur le show), et même si j’ai attendu neuf heures en ligne pour être au premier rang, le tout a valu la peine. Du coup, Muse, t’aimes ou tu n’aimes pas, mais personne ne peut nier l’importance du band dans la dernière décennie. Ce Matt Bellamy, c’est un génie. Ses acolytes, tout aussi forts. En mars dernier, tout était là, les visuels, l’énergie, la foule… Une journée mémorable, et un goût de revoir le band live, oui oui.
The Roots @ Métropolis. J’ai l’impression de me répéter, mais bon, voilà, The Roots, eh bien, c’est The Roots. Du hip-hop avec un band live, ça change toute la donne (et la raison pour laquelle le show de Kweli et Hi-Tek ne figure pas dans mon top). Un Métropolis plein à craquer, des bouffés de sueur et de mari, des classiques… il va sans dire que un spectacle de Black Thought, ?uestlove et cie, c’est un coup sûr.
The Brian Jonestown Massacre @ La Tulipe
Celui-là, je l’attendais. Depuis que j’ai écouté le documentaire Dig, il y a cinq ans, j’avais soif de voir Anton Newcombe sur le stage, même si j’avais appris entre-temps qu’il avait suivi une cure de desintoxe et qu’il était beaucoup plus sage. Toujours est-il que du BJM, c’est bon (et bien meilleur que The Dandy Warhols, voilà, c’est dit). Un La Tulipe fiévreux, mixte (des jeunes de 16 ans tout en avant), et Anton et Matt Hollywood réunis sur scène ont fait en sorte que c’était un show mémorable. Le dernier bout du set était consacré aux bonnes vieilles tounes, «Let Me Stand Next To Your Flower» et cie. Anton n’a peut-être pas botté la tête d’un spectateur, mais sa performance était tout comme.
Révélation de l’année: Dom Kennedy. Merci au mec que j’ai rencontré dans le sous-sol du HMV sur St-Cath’, avant qu’on ne change la disposition du magasin (encore une fois), pour ma révélation de l’année. Un peu en retard, peut-être, mais mieux vaut tard que jamais, c’est ce qu’on dit. À voir ma liste de hip-hop, il est facile de décerner que j’ai un penchant pour le East Coast… au fait, je snob souvent l’autre côte. Dom Kennedy m’a fait changer d’idée. Il y a une jeune scène qui se fait de plus en plus présente sur la côte Ouest (voir Pac Div, L.A.U.S.D, Fashawn). Loin du glitter hollywoodien ou des beats sur lesquels les gens dry hump dans les bars, les sons de Kennedy sont forts. Ses lyrics aussi. Du coup, j’ai téléchargé (légalement et gratuitement) ses mixtapes (dopeitsdom.com) et puis voilà, vendue. Dans l’ère de l’option random sur nos ipods 32 ou même 80 GB, il m’arrive (vraiment) souvent de ne mettre que ma sélection Dom Kennedy (qui est constituée de tous ses albums). Pour une fille qui change souvent d’idées, c’est tout un compliment. Si vous aimez le bon hip-hop, et cherchez quelque chose d’un peu plus léger que les tounes de Black Thought (The Roots), c’est pas compliqué – allez downloader «The Best Kennedy after Bobby».










