DE ZÉROS À HÉROS

De l’art de pouvoir se googler sans s’enfarger dans les fleurs du tapis: Suuns ont déjà été Zeroes. Mais Zeroes, sur la Toile, ça évoque autant le point de congélation qu’un bouillonnement d’autres projets artistiques.

«Il y avait deux autres Zeroes majeurs: un qui provient des années 1970, et l’autre, des années 1980», détaille le pince-sans-rire bassiste Joe Yarmush. «L’un est pas mal, l’autre est vraiment poche.» Devinez lequel? Ha!

C’est en fait sur conseil de leur nouvelle et réputée maison de disques, Secretly Canadian (contactée à l’insu du groupe (!) par Jace Lasek des Besnard Lakes, aussi ingénieur de son et réalisateur, pendant les séances d’enregistrement de leur album), que le quatuor formé à Montréal il y a quatre ans a fait le gros move de changer d’identité. À l’éponyme Zeroes EP paru l’an passé s’est ainsi ajouté un excellent premier album, Zeroes QC.

Et ce qui est surtout surprenant, c’est que sous cette renaissance, le groupe est plus soudé que jamais. Autrefois parties intégrantes de Young Galaxy, Kill the Lights et Silver Starling (on voit un beau champ sémantique intergalactique, ici), les membres de Suuns (prononcez Soonz) se dévouent désormais exclusivement à leur nouveau vaisseau électro-rock carburant au blues et au néo-psychédélisme. Yarmush mis à part peut-être, lui qui joue également de la basse dans Land of Talk.

«On se trouve très chanceux», répètent-ils, conscients de l’intérêt qu’ils provoquaient parmi les buzz bands circulant ce week-end à M pour Montréal. Une chouette histoire à suivre. Visitez leur Myspace en attendant qu’il reviennent tourner autour de Montréal.

par Evelyne Côté / photos LP Maurice