Après deux soirs au Marché Bonsecours, que c’est agréable de s’assoir sur autre chose que des chaises pliantes en plastique. Sièges à l’allure baroque, coussins de velours, pattes de bois. Impossible de s’y méprendre, nous sommes bien au chic Rialto.
Et c’est tout à fait sympathique que d’être convié à Fashion Pop dans un décor aussi somptueux. On y présentait six mini-collections par autant de designers émergents, ceci doublé d’une animation bilingue pour une foule amicale.
& Many Others a brisé la glace. Avec une thématique poussée sur la mémoire et le stockage d’information, Caroline Laquerre, créatrice derrière la collection, s’arme de noir, de blanc et déstructure la chemise, modèle le veston et utilise la transparence. Comme son thème l’indique, elle utilise différents systèmes de superposition d’un même tissu pour créer un volume. C’est assez sobre.
Suit Catherine Durocher qui présente Zoométrie, une collection un peu humoristique d’inspiration animale. Ne laissant aucune place au doute, «Animal» de Miike Snow jouait en trame de fond et chaque look présentait une bête. Du renard en collier au capuchon-hibou. Bien que rigolote, Catherine maîtrise les techniques de couture et détonait du lot avec ce thème amusant et plutôt coloré.
En troisième, vient Market Market, duo de jeunes demoiselles. Décrivant elles-mêmes leur ligne comme étant un retour à l’authenticité et à la simplicité, on les croit. La collection est d’une sobriété exemplaire et introduit des pièces classiques comme la chemise ou le veston, mais un brin déconstruit. Le tout dans le blanc ou le noir. Décidément simple.
Natasha Thomas utilise pour sa part le trenchcoat comme élément central. Elle s’en inspire, le prend et se l’approprie. C’est la base de son inspiration. Elle joue avec les volumes et crée des découpages, modifie avec créativité la ligne du classique. Une collection qui reste sobre, encore une dans le blanc, le noir, le transparent, mais tout à fait jolie.
L’avant-dernière, Third Eye by Dessaivre a su mettre un peu de fraîcheur dans ce tourbillon de tons neutres. La seule qui réutilise des matériaux recyclés et avec des tissus plus dispendieux et noble. Sa collection détonnait grâce à la variété de matières travaillées. La signature: la bavette de fourrure!
Et finalement, Jose Manuel St-Jacques, dernier mais non le moindre. Fortement inspiré par la sanglante légende de la Comtesse de Batory, réputée pour les bains de sang, ses créations sont fluides et tachées de rouge. Le travail sur les tissus est remarquable, et ça paraît que le jeune homme a une connaissance approfondie des matériaux.
La gagnante: Natasha Thomas remporte la bourse de 1000$ offert par Fashion Pop ainsi qu’un certificat cadeau de 500$ chez le Château, et une chronique dans le Worn Fashion Journal. Sa collection est sobre et classique, mais demeure aboutie dans l’unité des looks présentés. Comme si le fait d’avoir choisi une pièce centrale autour de laquelle évoluer avait joué son rôle dans l’élaboration d’une collection bien structurée, en empêchant les éparpillements.
Bravo Natasha!
par Sara Barrière-Brunet / photos Camille Brunet













