Nous sommes arrivés légèrement en retard au concert de Misteur Valaire au Métropolis, et comme une petite claque sur une soirée doucement entamée, je me suis retrouvé noyé dans une foule aussi éclectique que bruyante, qui réagissait haut et fort aux puissants sursauts sonores de la scène.
Comme devant un rituel exotique, j’étais un peu étourdi par la participation fidèle de la foule qui entonnait chaque mot comme s’il leur appartenait, et s’exclamant haut et fort devant l’avènement de chaque nouveau morceau. Misteur Valaire savent fidéliser leurs fans, et même les pièces de leur nouveau Golde Bombay semblaient acquises et vénérées. La scène était glamour à souhait, équipée de ses plus beaux atouts: deux grands écrans qui diffusaient images et slogans bien «valairiens» (ces jeux de mots semi-comiques, semi mystifiants par leur petit air d’inside joke); il y avait aussi des lumières partout et un escalier bien utilisé par les interprètes, mais menant tout droit vers une batterie le plus souvent… inoccupée.
Comme de grandes dames et gentlemen paradant dans une salle de bal, les invités (Senja Sargeant, Gigi French, James DiSalvio de Bran Van 3000, Fanny Bloom, Benny BBQ) ont fait le spectacle. Sexy et resplandissants, ils prenaient d’assaut la place centrale, bénéficiant de l’uniformité du groupe les entourant pour faire paraître leurs plus beaux attirails. Mais leur présence était aussi resplandissante que brève.
Le truc avec les groupes qui font de l’électro / hip-hop instrumental, c’est qu’ils doivent souvent se démener sur scène pour compenser l’absence de grands mouvements inhérente au type de musique avec quantités d’accessoires et d’événements sur lequel la vivacité de la performance repose.
De fait, les invités qui venaient chanter sur les rythmes du groupe occupaient avec éclat un espace sur scène qui brillait tristement de vide la seconde où ils retournaient derrière le rideau. Aussi difficile que ça semble à réaliser, j’aurais mis un protagoniste au centre de la scène à chaque chanson, parce que la configuration scénique était disposée de façon idéale pour eux. Ceci dit, la foule en délire semblait se foutre pas mal de mes réflexions sur la représentation devant public d’un produit à moitié pré-enregistré, ce qui m’a laissé aussi perplexe que joyeux. C’est vrai que changements de costumes, mise en scène rythmée et set-list étoffé ne manquaient pas à l’appel et que les gars, aussi détendus que confiants, ont wrappé ça comme le boom-box puissant dont on avait besoin avant d’affronter le froid grandissant en bicyclette.
par Félix Dyotte / photos par Rodolfo Moraga






