Ça peut paraître redondant. À force de dire et redire que Denis Gagnon est le chouchou de la mode québécoise, on finit par le croire. Plus qu’un couturier, le créateur franchit le milieu exclusif artistique pour s’introduire, avec une fierté tout à fait justifiée, au Musée des Beaux-Arts.
Après 10 ans d’existence, qui comprend, comme tout projet, des hauts et des bas, la Maison Denis Gagnon caressait l’idée de fêter en grand. Le groupe d’amis proche du designer, nommé affectueusement Les Vieilles Sacoches, ont eu l’idée de festoyer au musée. Petit à petit, l’idée farfelue ne semblait pu être si fantasque.
L’année 2010 a été l’année Denis. Il empile succès après succès. Après la semaine de la mode de mars dernier, qui fut littéralement le happening de la semaine, la collection chez Bedo, le lancement de son film ‘Je m’appelle Denis Gagnon’, et le clou de l’année, s’offrir une expo au musée qui s’incruste dans la tête du créateur.
La beauté d’un défilé, c’est de voir l’oeuvre en mouvement, s’imaginer des personnages, voir virevolter la fibre. L’exposition amène un angle complètement différent. Elle permet de voir le travail minutieux, le raffinement de la frange et la déconstruction du tissus. On peut oublier tout le côté dynamique du défilé, l’absence de mouvement oblige. Mais ça laisse place à autre chose. Enfin, on peut s’approcher des pièces et scruter le détail.
On l’a compris. Denis s’expose, s’offre une expo, mais donne à son public. Avec toute la couverture médiatique qui s’accumule sur son oeuvre, c’est un cadeau que de permettre à tous, et non un public sélect, de venir voir la vingtaine de morceaux accrochée aux murs du carré d’art contemporain du MBAM. Éclairage sombre et musique grandiloquente donnent le ton. Sur les murs, un plan de l’atelier, des photos de la matière brute : frange, dentelle, chaîne. Et au plafond, une impressionnante pyramide inversée où est projeté le défilé de mars dernier.
Et la collection printemps-été ? Oubliez le zip, les amis, la rayure l’a remplacée. Des robes abordant la rayure matelot, le tissu effiloché au point de devenir (surprise!) des franges. S’éloignant de l’or et du cuir brun, on a droit à de robes blanches tout en fluidité, des dégradés de couleurs du vert chatoyant au teinte de cuivre, de la dentelle et de la chaînette.
L’exposition Denis s’expose est du 19 octobre au 13 février 2011. Ouvert à tous. Gratos.
par Sara BB / photos par Éliane Sauvé








