ÉLECTRO-BIDOUILLEURS

La visite de Four Tet en réjouissait plus d’un la semaine dernière. L’infatigable créateur anglais a également amené avec lui Jon Hopkins, pour qui je réserve un paragraphe (plus bas, plus loin, patience!).

La construction musicale des ces artistes électros est particulière et minimale (évidemment). Difficile de rendre justice à ces créations dans le système de son maison, même avec les meilleurs moniteurs studio. Il fallait se rendre au Cabaret Juste pour Rire jeudi dernier, pour entendre ces bidouilleurs électros.

Avec les basses profondes et la batterie qui fait de l’arythmie, on pourrait croire qu’il est facile de décrocher de la prestation, mais Four Tet savait tenir son public par les couilles. Il n’était pas rare d’entendre hurler la foule sur les morceaux à succès. La longueur des pièces de Four Tet nous force à être patient pour toucher la récompense. Les danseurs étaient lents, langoureux et satisfaits.

Le secret de la sauce dans ces shows, c’est l’installation du musicien. On se demande toujours à quel point l’homme, derrière les platines, manipule ses boutons et sa technologie. Parce que lorsque le crescendo passe, on les voit devenir un peu raides, tendus comme si le knob en question tenait le sort du monde. Ça rend les gens hystériques et c’est pour ça qu’on compare les djs à des dieux. Les néophytes jasaient même de claviers et d’échantillonneurs à la sortie. Un public curieux je vous dis!

Loin de l’agressivité habituelle d’un show électro, Four Tet et Hopkins font les choses à leur manières et nous font sentir que chaque performance est inédite. C’est tellement particulier comme son et façon de voir la musique électro, que le flyer remis à la sortie du concert pour Bloody Beetroots et Mr. Oizo semblait un anachronisme promotionnel.

Hopkins et l’halloween

Je voyais son nom se balader sur internet depuis quelques semaines, j‘ai enfin mis un visage sur le nom.  La pièce «Insides» est un coup de coeur maladif depuis sa prestation. C’est la pièce pour votre très prochain party d’halloween. La foule a d’ailleurs embarqué dans l’univers du musicien à partir de ce morceau. Un univers qui frôle le drum n bass, l’électro minimaliste autant que les beats quasi hip hop (imaginez votre rappeur préféré sur du Jon Hopkins). Le dj qui se tenait près de la table des marchandises après le concert, m’a d’ailleurs confié que bien des pièces entendues pendant sa performance n’étaient pas encore sur les tablettes. Montréal fut donc le théâtre d’une expérience laboratoire et je vous conseille de vous acheter une loupe pour avoir à l’œil ce Jon Hopkins.

par Tommy Loyer