Au-delà du mash up et de la fusion des styles musicaux, il y a un groupe: Ratatat. Un pied dans le repiquage de morceaux existants et l’autre dans la création d’un son particulier, Ratatat influencera encore longtemps les visions musicales.
C’est aussi groupe qui représente bien la démocratisation de la création, alors que leur premier compact a été réalisé dans un appartement et sur un simple laptop…
Fort d’un concert à guichet fermé depuis trois semaines, Ratatat semble vivre une histoire d’amour avec Montréal, alors que l’animatrice Anne-Marie Withenshaw reprenait «Loud Pipes» cet été pour son émission de radio (à 9h «AM», que du lourd dans les Sennheiser). La tâche d’entrevue s’annonçait par contre difficile. La légendaire timidité du duo et leurs réponses évasives en entrevue m’inquiétaient. Le téléphone sonne à Chicago, j’attends le déclic à Montréal, le tout Longueuil est fébrile. On a parlé de drogue avec Mike Stroud, le guitariste, pour détendre l’atmosphère…
Est-ce dangereux de regarder votre récent vidéoclip pour «Drugs» si on est gelé? Parce que je me rappelle d’un badtrip que j’ai fait étant jeune et je pense que je serais devenu fou en voyant votre vidéoclip…
(Rires) Yeah je pense que ça aurait pu mal tourner. C’est weird, ça te fait presque sentir que tu es stone, je pense que ça peut te plonger dans une paranoïa. Qu’est ce qui s’est passé pour que tu badtrippes?
J’étais jeune, j’avais dix-huit ou dix-neuf ans. On avait mangé des champignons qui étaient vraiment puissants. On était assis sur un court de tennis. Il y avait des arbres autour et j’étais certain que leur branches voulaient m’attraper. C’était trop puissant je crois. Mon ami a appelé l’ambulance…
(Rires) Wow ça fait peur. J’aurais probablement appelé l’ambulance avant.
Selon toi, quel est l’avenir du vidéoclip?
J’en ai aucune idée pour être franc. Le seul moment où je regarde des vidéoclips, c’est lorsque nous sommes en studio avec la télé sur MTV. J’espère juste qu’un jour les vidéoclips resteront loin des clichés hip-hop ennuyants qui font couler du champagne dans un party. Le vidéoclip de party a été réalisé des millions de fois.
Un peu comme la version MTV pour «The Pursuit of Happiness» de Kid Cudi? Vous ne figuriez pas dans cette version. Pourquoi?
En fait, nous avions tourné une autre version avec lui et les réalisateurs de Megaforce. Kid Cudi a ensuite décidé de tourner un autre vidéoclip, nous avons eu un appel la veille du tournage et ils nous ont demandé de se présenter à 10h le lendemain matin. Nous ne sommes pas allés…
Vous avez fait beaucoup de remixes de morceaux hip-hop et c’est même avec ces albums concepts (Ratatat Remixes Vol. 1 et Vol. 2) que vous avez été reconnus au départ. Comment les artistes hip-hop vous perçoivent-ils?
La plupart de ces artistes nous ne connaissent pas vraiment encore.
Vraiment?
Yeah. Puisque nous ne sommes pas sur MTV, nous sommes encore underground je crois. Nous faisions ces mixtapes pour le plaisir parce que nous aimons le hip-hop et ce type de production.
L’amour du hip-hop vient d’où pour un groupe comme Ratatat?
C’est dur à dire… J’ai grandi dans une banlieue du Connecticut où le hip-hop n’était pas populaire. À chaque fois que j‘achetais des cassettes, c‘était toujours du rap, c’était automatique pour moi, j’aime cette musique.
À un moment précis, j’ai l’impression que Ratatat est devenu populaire très rapidement. Tout le monde parlait de vous après le deuxième album de remixes et LP3. Avez-vous eu peur d’être une saveur du mois?
J’ai jamais senti que nous étions devenus populaires. Je me sens chanceux d’aller dans plusieurs différentes villes et que des gens viennent nous voir. C’est pas comme si je marchais dans New York et que les gens me reconnaissaient, personne ne me connaît!
Le concert à Montréal est sold out depuis trois semaines. Y’a t-il une histoire d’amour entre Ratatat et Montréal?
Yeah c’est bizarre que cette ville soit sold out pratiquement avant toutes les autres, mais honnêtement je sais pas… J’ai toujours eu beaucoup de plaisir à Montréal.
Sur Twitter, j’ai demandé à des fans de Ratatat s’ils avaient des questions pour toi. Pat veut savoir si vous pensiez faire un morceau avec Four Tet…
C’est pas prévu non, désolé Pat!
Danny voulait aussi savoir si vous préférez avoir un batteur ou un mpc pour vos beats?
Nous avons jamais eu de batteur, mais en studio je m’installe parfois pour en jouer. C’est jamais arrivé dans ce groupe que nous ayons une batterie sur scène.
En ce moment avec quel artiste t’aimerais collaborer?
Je veux collaborer avec Ghostface.
Et comment ça fonctionne en studio justement?
Nous travaillons sur la musique de notre côté à la maison et ça fonctionne mieux pour nous. Nous avons travaillé sur le morceau «Alive» de Kid Cudi et nous avions apporté notre équipement en studio, il y a plus de pression et souvent trop de gens autour…
Votre façon de faire a-t-elle changé maintenant que les budgets sont probablement plus importants?
Ça n’a pas changé drastiquement. Sur le premier album, nous n’avions pas d’ampli, tout était directement branché (guitare, clavier) sur le laptop avec des pédales à distorsion. Pour nos derniers albums, nous avons enregistré dans des gros studios qui avaient des vieux micros et des vieux claviers. Notre processus a pris de l’expansion et je pense que nous avions toujours voulu fonctionné de cette manière, mais nous étions pauvres!
Merci à Mike pour cette entrevue. Alors que cet exercice ne semble pas être sa tasse de thé, il fut efficace et sympathique.
Au Métropolis ce soir 7 septembre – c’est complet..!
par Tommy Loyer







