Le Quartier général1251, rue Gilford, coin Brébeuf
Du mardi au samedi de 19 h à 23 h.
514-658-1939
lequartiergeneral.ca
Réservations requises
Je l’avoue, j’ai toujours eu une petite hésitation snobinette avec les restos genre «apporte ta boisson et fais comme chez-vous». Celui-là n’est pas comme les autres: il déborde de vie, on s’occupe de vous et les plats sont gastronomiques.
Au cœur du Plateau, sur une rue à l’abri de ses bruyantes intersections, les cuistots du Quartier général accueillent une cinquantaine de convives de leur cuisine à aire ouverte. Design contemporain, hauts plafonds et fenêtres panoramiques, les grands tableaux d’ardoise au mur qui ornent la salle nous rappellent que l’on y popote ici, à la française. La serveuse qui nous désigne notre table est joyeuse et «connaît son affaire» comme dirait mon père. Elle nous décline les plats du jour et répond à nos questions alors qu’habilement, elle fait sauter le bouchon de notre bouteille: oui, champagne pour nous trois, un habitué de l’endroit nous y a invités et pour lui, la fête se devait de commencer avec des bulles!
Ce soir, on offre en entrée le foie gras poêlé; servi sur un fond de betteraves, il fond en bouche, rosé et délicat. La pieuvre grillée ne vole pas sa place, tendre sous la dent, légèrement relevée. La vichyssoise en début de repas, plus pommes de terre que poireaux, elle est douce, presque crémeuse.
Veau, bœuf, lapin, volaille et poisson sont cuisinés en plat principal. On dit que le chef veut encourager les produits de chez-nous, sa carte est bien garnie, ces recettes presque traditionnelles.

Le flétan repose sur un lit de topinambours et d’épinards sur lequel se retrouve aussi une palourde dans son écaille. Si le poisson est moelleux, sa chair se tient bien, servi chaud, sa cuisson est réussie.
La côte de veau règne dans son assiette: belle et juteuse, à point, elle est posée sur une mousseline de choux-fleurs, un carré de beurre fondant comme couronne. La pièce de viande est remarquable.
De mon côté, je choisis le lapin. Il est servi farci, on y devine la saveur d’un saucisson espagnol; sauce au vin et carottes croquantes garnissent l’assiette.
En dessert, on hésite: parmi les plaisirs, une marquise onctueuse de chocolat, un nougat glacé, une croustade aux pommes réinventée. L’espresso est offert en version déca, long ou court et cappuccino.
Il vaudra la peine comme mes amis fins connaisseurs l’avaient prévu d’apporter champagne et bon vin pour accompagner ce repas des dieux. Si la cuisine est riche, elle vous comblera lors d’une autre de ses soirées monotones de notre automne frisquet.
Vous compterez 50$ par personne, un peu plus si vous optez pour le foie gras en entrée. Et puis, vous irez danser après, histoire d’avoir bonne conscience avant le dodo…
par Clara Marais







