FFM: DOOMAN RIVER

Feuillette un peu le programme du FFM. Lis bien tous les résumés. Rien n’est vraiment joyeux, tu vois. Mais là…

C’est un fleuve gelé que traversent des réfugiés nord-coréens pour voir la Chine. Comme ils ne peuvent marcher sur le fleuve qu’en hiver, tout le film est couvert de neige, du plan fixe du début à celui de la fin. Une heure et demie de film qui donne froid dans une salle climatisée, c’est long.

Long comme les silences entre des dialogues de trois répliques (au plus).

Long comme un film sans musique (hors chanson des vieux du village lors d’une veillée funèbre).

Long comme la vie d’un petit garçon chinois, de son copain nord-coréen qui se planque dans une ruine, de sa grande soeur muette (puis muette et violée) persuadée que leur père est encore vivant, de son grand-père qui envoie régulièrement des médicaments à sa belle-fille partie travailler en Corée du Sud pour faire fortune.

Face aux soldats chinois qui traquent les réfugiés, un village de vieillards et d’enfants qui cachent et nourrissent des réfugiés dans leurs granges, jusqu’à ce qu’une série de v(i)ols qui met fin à l’entraide. Nous avons affaire à un film hautement positif.

La pauvreté, la misère, la haine, la détresse humaine. Le documentaire est triste, le film manque de sentiments. Certes, le tout donne envie de se trancher les veines avec le fauteuil du cinéma, mais est-ce à cause du rythme léthargique et du froid à perte de vue ou à cause du sort des personnages?

Peut-être que les sentiments se perdent dans de trop éparses anecdotes que l’on peine à relier à une intrigue, comme si les petites histoires des habitants d’un village chinois perdu se noyaient dans l’Histoire avec un grand ash. Ou le contraire.

Il y a quand même un fait intéressant que les deux journalistes qui ont quitté la salle ont râté: le maire se tape la vendeuse de tofu.

par Andréa Goulet