MÉTROPOLIS INTERPELÉ

Avec un quatrième album intitulé sobrement Interpol prévu pour début septembre (le 7, chiffre magique), Interpol a décidé de faire une petite descente au Métropolis de Montréal (ok, dans le cadre d’une gigantesque tournée interplanétaire) histoire de tester ses tounes toutes fraiches et de nous rappeler que le groupe d’East Village, NYC, malgré le départ de son bassiste Carlos Dengler (remplacé par Dave Pajo), était toujours de la partie.

Premier extrait de ce dernier album, la vidéo Lights, tout de noir et blanc du très chic Charlie White, m’avait déjà tenue en alerte, avec un petit retour aux sources du Turn On The Bright Lights des débuts. Retour sur un concert sold out, comme un lundi!

Autant le dire tout de suite, Interpol n’est pas le genre de groupe qu’on écoute après une peine d’amour. Comprenez, si vous êtes au creux de la vague, et que vous voulez y rester, alors oui, le côté sombre des compositions d’Interpol a de grandes chances de vous endormir bien au chaud. C’est que ces dignes héritiers d’un post punk mâtiné de Joy Division sont capables de faire sortir les sentiments les plus troubles en juste 3 minutes et 47 secondes. Alors forcément, quand on va voir un show d’Interpol, on se prépare, on sait que se sera du sérieux, du carré, du concis et on ne s’attend pas à la bonne joke entre deux tounes.

Et bien surprise. Même si on était très loin des éclats de rire général, on retrouve le trio de basse (solide) avenant, souriant, voir léger, frais et dispo pour assurer un show d’une durée dépassant largement l’heure réglementaire et agrémenté de deux rappels. Si l’on devait retenir un mot pour ce concert: densité! Densité du son (je le rappelle, on est au Métropolis, plus vous êtes en hauteur et mieux est votre concert et l’espérance de vie de vos oreilles); densité de la voix de Paul Banks, toujours aussi profonde et grave; et densité des chansons. C’est compact, efficace et frôlant le sans faute. Ajoutez à cela une certaine sobriété dans le décorum (juste quelques jeux de lumières), et ce qui reste d’important et qui est mis en valeur, soit le jeu du groupe.

Au final, on en arrive à sourire nous aussi, en ce disant que les tounes ont même un côté joyeux et festif malgré des paroles évidentes pas très gaies. Mais c’est surtout le public montréalais qui galvanise la salle toute entière: oui, on tape dans les mains, oui, on chante les premières paroles des classiques (Stella Was A Diver And She Was Always Down, Evil, ou la toute dernière Lights), oui, on hurle comme une groupie en chaleur. On chante même en cœur un bon anniversaire au batteur Sam Fogarino. Et surtout, oui, on ressort heureux, en se disant avec une évidence aussi simple que le concert qui vient de se dérouler: c’était un  f***ing bon show!

par Yolaine Maudet