SANS KITSCH NI GIMMICK

MG 8488 905b SANS KITSCH NI GIMMICKC’est le 8 et le 9 juillet au National que le groupe montréalais Wolf Parade a dû affronter ce que tout groupe d’expérience appelle « son public le plus difficile » — celui de sa ville natale. Les quatre gars semblent s’être sortis de cette petite angoisse par l’issue de secours la plus proche, celle de la simplicité et de la fougue.

« Il me fait penser à Bruce Springsteen! », me dit un ami en riant. « Il a un petit côté Iggy Pop », pousse Jose, tandis que je ne vois que Mick Jones sur la scène, côté cour. C’est Dan Boeckner, l’homme qui rappelle d’autres stars, mais pas faute d’une personnalité — simplement parce que ses gestes et son attitude de concert sont le fruit d’un acharnement viril et d’une vision clairement romantique de la présence de scène. D’une gestuelle fiévreuse, il réussit à me convaincre que j’ai entendu Ghost Pressure mille fois déjà, même si elle vient de sortir et que je ne l’ai entendue qu’une fois avant le concert, distraitement. Ah! le pouvoir de la sorcellerie.

Selon les dires de mes voisins, on les a déjà vus plus défoncés, mais l’auto-destruction et le calage de whisky sur scène, éventuellement, mènent soit au néant, soit au changement. C’est peut-être ce deuxième choix qui nous a permis de voir naître Expo 86, sans quoi je n’aurais pas eu d’article. Ça ne nous a pourtant pas empêché d’avoir droit à un mignon mosh pit, chose de plus en plus rare depuis le déclin du grunge. Alors vos idées sur le trash éternel…

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En plein milieu, Spencer Krug qui ne se gène pas pour se pencher de façon un peu autistique sur son clavier et de pianoter ses petites ritournelles envoûtantes en chantant de sa voix hymnique et mystique — plus distinctive que celle de Dan — filtrée par un slapback. Krug sur scène ne donne envie de penser à personne, mais laisse son essence émaner naturellement.

FINALPETIT SANS KITSCH NI GIMMICK

Le GIF animé ci-dessus (une grande première nomag!!!), dans sa forme farfelue, défie quelque peu l’approche esthétique de Wolf Parade. Car côté apparat, côté faste, le groupe en concert est bien tout le contraire des Flaming Lips. Vêtus ordinaires, sans grande pompe, sans éclairage spectaculaire ni décor, on n’est tout de même pas obligés de qualifier le quatuor de sobre pour autant. Cela laisserait sous-entendre qu’ils ne jouent pas dans l’excès, qu’ils ne se donnent pas trop. Leur grand déploiement, on le voit simplement dans l’amour qu’ils mettent dans leur musique. Sans kitsch ni gimmick, ils nous séduisent par le fait même qu’ils ne sont que quatre gars qui font de la musique. Ça sonnait bien, comme une passion non diluée, voilà tout.

par Félix Dyotte / photos et GIF animé par Jose Montes