LA RELÈVE PREND LA RUE

C’est en effet sous un soleil de plomb, dans la chaleur étouffante d’une canicule montréalaise, que la relève a pris d’assaut la rue. Une belle énergie, des techniques nouvelles, des formes nouvelles. Les jeunes artistes, qui font leur nom, ose plus pour attirer l’œil et charmer l’esprit. Une fougue générationnelle et perturbante! Jajjaa!

Entre Montcalm et Wolfe LA RELÈVE PREND LA RUEPapineau. Ste-Catherine. J’amorce ma visite. Premier kiosque: La_Touche. Je suis attiré par les grands rideaux noirs installés sur les murs. Il m’amène à l’intérieur, ferme les rideaux. Ses toiles brillent dans le noir sous une lumière ”black light”. Merveilleux pour un party rave dans une grande et morbide usine désaffectée!

Je continu mon périple pour arriver au kiosque 63, Pascal Normand. Il fait du collage photo numérique. L’objet pop art; urbain. J’ai beaucoup aimé son travail graphique. ”Je prends un objet pour lui donner une histoire” me dit-il. Beau travail! Je traverse la rue Champlain, vers la seconde section de rue, je manque d’être frappé par une voiture de police!! La sécurité qu’on appelle.

J’arrive alors au Kiosque de Julie Gagnon, de belles photographies pleines d’âme et de réflexion. Juste à coté, il y a la très charmante Vie. Oui, oui! Vie. C’est son nom d’artiste. Ça lui va bien, son art est bien vivant. ”Je suis le monstre sous mon lit”, le titre d’une de ses toiles. Ça aussi ça lui va bien. Son art est un sombre et mignon. Un peu comme Tim Burton. Elle travail le collage, l’aquarelle, la dentelle. Imaginatif et efficace.

Un peu dépassé le Sky Pub, il faut absolument voir le travail de Jessica Watchorn. Un travail minutieux. Les images loquaces, pleines de sens: une femme plante un homme au bras de fer. Une série de militaires. Critique militaire. ”C’est une nouvelle série, il y en aura plus”. ”Parfait ma chère, j’adore ton coté revendicateur” (Et ton effet graphique est super, alors..!)

Juste en face, il y a le kiosque de mon ami Virgile. Je parle avec lui depuis quelque temps sur le web. Son travail est coloré, mais ses personnages sont comme ”torturés”, pour utiliser ses mots. C’était la première fois que je le rencontrais pour vrai. Très sympathique personnage. Il fera parti de l’encan qui aura lieu au salon des arts, coin Amherst, ce samedi à 18h. Quelques pas plus loin, ne pas manquer les photos-gravures provocantes et modernes de Évelyne Laurin.

Sur le coin de Beaudry et Ste-Catherine vous apercevrez les beaux visages, tantôt cochons, tantôt mystérieux (non sans rappeler les rondeurs et les gueules de suceuses de Corno). Moulin Rouge, les travestis, les grands cils; son style est burlesque. De belles textures et des visages expressifs. Très harmonieux.

Pas beaucoup plus loin il y a une artiste du nom de Andrée-Anne Laberge. Ses jolis tableaux ont la particularité d’être fait par la technique encaustique. Cette technique consiste à utiliser la cire comme véhicule pour le pigment. Une technique si vieille qu’elle a été employée par les égyptiens calique! Très original!

Au son des guitares de musiciens chaleureusement européens je continue mon chemin jusqu’au kiosque 43. Les surprenants visages de Marie-Pierre Lortie. Les couleurs, la forme et les coups de pinceau s’en donnent à cœur joie pour le plaisir de l’œil. Belle interprétation.

Une tente, tout près, vous invite à pénétrer l’univers de l’artiste Yan D. Soloh. Les étranges sensations circulaires du vilain condor du pinceau trimbalent votre regard dans tous les coins. Les toiles de D.Soloh sont de véritables pièces minutieuses. Il passe plusieurs mois sur une série de tableaux, ça lui permet de toujours approfondir le paysage chromatique de l’œuvre et, ainsi, faire profiter le cerveau d’un plaisir kaléidoscopique flamboyant. Si vous faîtes quelques de plus, observez le travail créatif et méticuleux de Briana Carol Strong. Vous ne serez pas déçus.

Annie Lévesque LA RELÈVE PREND LA RUEIl faut dire que la grande majorité des tentes entre Montcalm et Wolfe présentent des œuvres magnifiques, à voir absolument. Les toiles jeunes, branchées de Annie Lévesque sont de celles-là. ”Mes tableaux sont des tableaux rencontre. Je peins les moments que je passe avec les gens en m’inspirant d’eux, de leur manière d’être” m’a-t-elle répondu quand je lui ai demandé de me perler de sa démarche. Voyez aussi les œuvres de Lulu Cabaretta, de Sandra Lavoie et de Gaëtane Lavoie. De belles pièces.

Etienne Martin de Decover Magazine LA RELÈVE PREND LA RUEJe me dois de noter la présence de Decover Magazine dans le festival. J’ai rencontré Étienne Martin pour la première fois aujourd’hui, sous la grande tente. Il est le co-fondateur, avec Micah Lockhart, du magazine Decover, qui comble littéralement un vide dans le milieu des arts visuels. J’ai eu une très bonne conversation avec Étienne qui m’expliquait que le rôle du magazine dans le milieu des arts est immense et nécessaire. ”Parce que Voir, et d’autres, aiment mieux parler de Cœur de Pirate ou Vincent Vallière. Yvon Goulet, c’est un peintre reconnu partout dans le monde, mais pas ici. Il y a un manque à gagner en arts visuels”. Il y a un kiosque pour la revue et un pour les artistes, comme Yvon Goulet, André Demers, Fred Ouellette. Si vous avez la chance, allez chercher votre copie gratuite, sous la grande tente, du coté ouest.

Quand vous traversez la rue Amherst, quelques pieds plus loin, vous tomberez sur les œuvres de Vicky Filiatrault. Une ancienne maquilleuse qui s’est lancée dans portrait. Les regards agressifs, le jeu chromatique et les coulisses rappellent la modernité. Elle n’a pas peur d’attaquer la toile à notre grand plaisir. Elle sera au symposium de Chambly le 7 et 8 août prochain. Elle est autodidacte. En quittant sa tente, je lui dit : ‘’Surtout, prend jamais un cour d’art, ils vont te scraper calique!’’ Quelques pieds plus loin, sur la droite, prenez le temps de voir le kiosque de Luisana Sosa-Ray. Très beau et très imaginatif, son travail m’a étonné. Vous pourrez la voir, aussi, dans la deuxième semaine de septembre au Ctrllab (Control Lab), sur la St-Laurent.

Vicky Filiatrault LA RELÈVE PREND LA RUE

Côte-à-côte, on peut apercevoir les œuvres de Caroline Cloutier et d’Édith Poirier. La première possède un style abstrait criant et bigarré alors que la seconde met en scène des personnages dans des positions obscènes sur des fonds fluorescents qui attirent l’œil et fait contraste entre le rétro et ses œuvres modernes. Toutes deux sont très intéressantes.

Tout près la rue St-Hubert, visiter les artisans pour vous procurer des bijoux, des bracelets, des tissus à de bons prix et faits à la main. Sayon, Kaleï Mozaïque, Charbonneau. De très bons artisans!

Prochain articles les zzz’amis: je vous parlerai du film de Anhören, l’artiste libanais qui crée deux parties de lui-même afin de démontrer la dualité psychique propre aux individus humains. Il aborde beaucoup l’homosexualité. À ne pas manquer ce Mercredi, 7 Juillet, au coin St-Hubert et Ste-Cath à l’espace des expériences contemporaines. Je vous parlerai aussi de l’équipe de l’art des six du Conseil de Artistes Québécois. Plusieurs artistes de plusieurs domaines. Un bel article à lire bientôt. Je suis présentement au salon des arts, Disco Salope prépare son show, il embarque sur scène dans quelques secondes. Le poète que je suis se laissera tremper dans les saloperies perverses d’un disco mobile prostitué. CIAO!! À demain!

par DuPlessis 0I0