Les festivités engagées. La rue crie sa présence et les exposants attaquent nos pauvres yeux soumis aux couleurs, aux formes, aux expressions les plus outrageuses et les plus douces. En cette deuxième journée de la GaleRue d’Art, le festival ne fait que se réveiller.
10h30, je me lève en trombe, certain d’être en retard pour mon article: le pupitre va me détester! Mais non! Je suis tout à mon aise pour rédiger l’article, de plus j’ai le temps de prendre mon café. Alors aujourd’hui, Ikbal Singh et son projet ”Suspect”, Armand au parc de l’Espoir à 15h, le 5 a 7 avec Fiszarmonia et les DJ – VJ dès 23h! Whoaaa!! La journée s’annonce bien!
J’étais un des agents espions pour le projet d’Ikbal Singh: Suspect. Après avoir couru comme un fou jusqu’au bureau du festival afin de formater et corriger mon article, j’accours au coin de Ste-Catherine et St-Hubert, à l’espace des expériences contemporaines, afin de rejoindre le groupe et débuter cet intense période de paranoïa provoquée. 13h30. Un équipe d’espions est déployée sur le site du FIMA. 
Pour les 3 prochaines heures tous sont suspects. Tous peuvent être une menace pour le festival. Nous avons remis en question les policiers, les bénévole du festival, jusqu’aux nuages qui pouvaient être des signes pour un éventuelle attaque terroriste. ”C’est étonnant à quel point des pistes prises au hasard peuvent mener jusqu’à une conspiration” rappelle Geneviève St-Pierre, co-espionne dans le projet. Cette expérience démontre très bien que dans un climat de tension et d’appréhension tout peut devenir suspect. À un certain moment, le jeu devient assez réel. Je me suis surpris à faire des liens entre des gens et des évènements suspects parce que j’étais conditionné à percevoir des menaces! Le projet d’Ikbal Singh, artiste de Colombie-Britannique, reproduit le climat de défense des pays sous tension politique, comme les États-Unis depuis le 11 Septembre, afin de démontrer qu’un pays, ou qu’in individu qui se sent menacé peut devenir fou et paranoïaque. Tout devient suspect. Tous deviennent suspects. De jeunes gens stationnés devant la tour de Radio-Canada peuvent préparer une attaque. Des colis peuvent être des bombes. Les gens qui regardent en l’air recherchent un signe pour agir… Attention. Attention, vous entrez dans la cité à sécurité maximale.
Je me suis dirigé vers le salon des arts pour le 5 à 7 ou performaient les accordéonistes de Fiszarmonia. Quelque peu traditionnel, pas assez avant-gardistes pour moi, la bande produisait toutefois un son magnifique qui me transporta quelques instants jusque dans les courtes et charmantes rues de la campagne italienne. La dolce vita, si! Des légendes étaient racontées sur un fond de musique traditionnelle. Fiszarmonia sera de nouveau en spectacle vendredi prochain, pour le 5 à 7, au salon des arts.
Je dégustais mon bon martini à l’italienne, aussi bon qu’il est offert par le festival, je discutais des évènements formidables qui se produisent sur le site du festival avec Jean Chaîney, Johanne Bonnet et Patricia, dont le nom de famille m’échappe (maudite boisson!) alors que, sans crier gare, Monsieur Rémy Girard, pour qui j’éprouve un immense respect, passe près de notre table! WHOAA!! C’est mon travail de l’aborder! Il faut que je lui pose quelques questions. Je me lève de la table, presqu’en reversant les coupe de vin de mes convives, j’accroche la sympathique Samantha Saroufim: ”vient avec moi, mademoiselle madame, avec ta carte du FIMA, il nous faut entrevoir Rémy Girard’’. Il a dépassé le salon des arts et s’est dirigé vers l’est. Sans trop vouloir l’apeurer avec notre arrivée soudaine, spontanée, énergique et énervée, nous prenons notre temps pour l’aborder. Le moment propice s’annonce, je passe sur sa gauche, je me délie les lèvres et DRING DRING!! son téléphone sonne. Calamité! L’appel fût bref, mais il s’arrêta aussitôt au kiosque de Mathieu Binette entre Wolfe et Montcalm. Quelques minutes plus tard, il sort de la tente: la presse officielle du festival se lance sur lui : ”Bonjour monsieur, Girard, nous sommes du festival, on vous a aperçu sur le site. Pouvons-nous recueillir vos propos s’il vous plait?” ”Absolument! Je trouve ça merveilleux! Je viens tout juste d’acheter quelque chose (une belle sculpture de Mathieu Binette) et je ne m’attendais vraiment pas à ça. C’est la première fois que je viens ici, j’capote!”. ”Ça fait longtemps que ça existe, le festival?” ”Onze années monsieur Girard!” ”Oh! Bravo!” ”Me donnez-vous le droit de vous citer?” ”Certainement!”. Merci monsieur Girard et bon festival. J’espère que vous apprécierez votre sculpture!

Sautillants comme des enfants ”la la la la”, Samantha et moi retournons au salon des arts. ” Stéphane! Stéphane!, on a un mot de Rémy Girard!” ”Sans blagues! mais vous ne savez pas, c’est un des mes idoles! Vous blaguez!”. Rémy est revenu vers le salon des arts où Stéphane, notre charmant directeur, s’est empressé de saluer ce grand comédien et lui offrir un verre. L’orchestre d’accordéons berçait l’ambiance, les sourires s’esquissaient sur les visages heureux. Le FIMA, c’est une suite de joies inespérées! Les derniers accords se sont essoufflés et Rémy Girard à gracieusement saluer les musiciens, au devant de la scène. Il était heureux de vivre. Nous aussi!
Les expériences contemporaines font jaser. La jeune Lyndsay Ladobruk, artiste de Winnipeg, s’allonge langoureusement dans son lit et invite les passants à vivre un moment de proximité sensuelle. Elle est une ”grosse fille”, une ”toutoune”, mais rien de tout cela ne la dérange. C’est plutôt le public qui semble dérangé! Outragée, une dame m’a dit: ”Oh non! ça, ça m’intéresse pas!” Le but est d’outrepasser les préjugés liés à l’obésité.
La soirée s’est terminée dans la joie et dans la musique au salon des arts avec les rythmes technos du DJ Alexis Bowles et du VJ Chocobeets. Mon ami le poète Yvon Jean est venu me rejoindre avec Steve Lévesque, qui fait son vernissage ce soir, à la galerie Dentaire, sur Amherst, nous avons été aider Yvon Goulet, notre grande Yvonne Goulette, à vider son kiosque. Toutes les misères du monde à passer la porte de la boutique Ka-Vie-Art sur Beaudry. Go! Go! Yvon, on va l’avoir. Pousse! Nous sommes ensuite retournés au salon des arts, sans Yvon toutefois! ”Ah Simon! Tu veux une bière?!” ”OUI! Certainement ma chère, où y’a l’alcool, il y a ma verve!”.
-Hey DuPlessis!! Une poésie! Fait nous une belle poésie
-Des milliers de flèches pointent le sol et lui rappelle sa condition…
Par DuPlessis 0I0








Très bon article, comme toujours, ton écriture est tellement agréable et bien structurée…
Bravo…!!!
Jo