Explosion de superlatifs s’impose: démentiel, mirobolant, le premier week-end du FIMA s’est avéré une réussite fulgurante. Unanimement, l’édition 2010 est vue comme supérieure à la dernière. En temps normal, le festival serait déjà terminé, mais, trop-plein d’inspiration oblige, c’est l’exposition de la relève qui débute ce lundi.
Belle fin de semaine sur le site du festival. Nombreuses performances, les 5 à 7, la musique et beaucoup d’artistes terriblement talentueux!
Les toiles géantes d’Armand Vaillancourt, au parc de l’espoir, ont attiré beaucoup de monde vendredi, samedi et dimanche. Survolté, excentrique, Armand allait chercher les gens jusque dans la rue. Gênés, ils avaient peur de s’aventurer sur le canevas, à la vue de tous. «Je sais pas trop ce que je fais» ou «Je ne suis pas bon» ou «C’est n’importe quoi». Les gens étaient timides. Certes, on ne sait jamais quoi faire quand on commence une peinture, mais ça donne toujours quelque chose de bien à la fin. Armand, quant à lui, motivait les gens qui ont produit trois immenses murales colorées et expressives. Samedi, votre humble poète chroniqueur s’est rendu sur place pour faire son dessin. Armand courait dans tous les sens, conseillait les gens sur le canevas, retournait à la rue: «Madame, vous devez venir nous faire un petit dessin! Allez! Allez!». Le plaisir était au rendez-vous, ça bougeait!
Scandale dimanche matin toutefois car mister Z, Zïlon, a laissé sa marque, dans la nuit, sur le canevas géant de samedi. Le lendemain matin, on qu’il n’a pas su respecter l’œuvre collective. Quand il a fait son dessin sur la toile, nous étions tous avec lui (on venait de sortir du vernissage de Steve Lévesque). Je dois vous dire que jamais l’idée qu’il était en train de commettre un acte de vandalisme nous a passé par la tête. Zïlon connait bien Armand; nous étions certains qu’il serait content de sa participation. Mais que voulez-vous, c’est le propre de la bande de cinglés à mister Z de faire jaser. Mission Accomplie!
Plus tôt, le vernissage de Steve Lévesque à la galerie dentaire fût un succès. Les toiles pop-trash et le message critique de l’artiste sur le monde moderne, sur la religion, sur l’impérialisme latent, charmaient les invités. Présents sur place: Zïlon, un amateur du travail de Steve, Jean Chaîney, Michel Bazinet, Jean-Pierre Pérusse et plusieurs autres. Le poète Éric Roger est venu faire son tour. Pour ma part, les vernissages à la galerie D sont toujours une réussite. L’endroit est charmant. Nous sommes toujours très bien reçus. Je n’ai pas l’impression de me faire recevoir par une gang de huppés ou par des gens qui vous dévisagent parce que vous n’achetez rien! Les gens y sont sympas et francs.
Plusieurs amuseurs de foule se promènent sur le site du festival. Parmi eux, le controversé et cinglé Disco Salope. Jeune artiste, Marc-André Casavant incarne le personnage de Disco Salope dans les rues des villes du monde. Il arrive justement de Berlin où sa performance a été très bien accueillie. Vous pourrez le voir au FIMA le 6, 8 et 10 Juillet. Il n’y a pas d’endroit fixe. Il se promène un peu partout. Le numéro qu’il donne, accoutré en espèce de drag-queen droguée, peut paraître surprenant au début. Toutefois, l’artiste aborde des sujets tabous dans notre société. Le génie propre du concept, c’est l’approche. Une drag-queen sautée, qu’on prend pour une prostituée droguée, me fait la morale sur l’excision, la pédophilie, la bestialité et le sida! J’adore ça!
On a arrêté Disco Salope dimanche. «Des gens appellent pour me signaler», m’a dit Marc-André pendant son interview improvisée sur le bord de la terrasse du Relaxe, sirotant un pichet de Labatt Bleue. Selon lui, Montréal devient une ville trop «straight». Comparativement à Berlin, il trouve que son art est plus difficile à faire passer ici. Méchante claque dans la face pour Montréal, qui se targue d’être d’avant-garde et ouverte! Le concept est bon, mais on trouve le moyen de le faire arrêter. Casavant qualifie lui-même sa performance de théâtre interactif. «Mon but est peut-être de sortir le théâtre des salles», ce qui, pour moi, est justement l’objectif de l’artiste moderne: trouver de nouvelles manières de diffuser l’art. Certains y pensent. D’autre le font, mais on les arrête! Dommage.
À ne pas manquer, dès maintenant…
- L’ouverture de la GaleRue d’Art spécial relève. La rue Ste-Catherine, du 5 au 7 juillet, est entièrement dédiée aux jeunes artistes de la relève. Plein d’énergie, imaginatif, vivant, l’art des plus jeunes sait se faire valoir et témoigne très bien des tendances modernes et des nouvelles formes que prendront les arts dans 10, 15 ou 20 ans.
- Installation vidéo et la performance interdisciplinaire de Anhören. Au moyen de la performance et du dédoublement, l’artiste aborde la question de la dualité psychique. Afin de régler un conflit interne, il crée un dialogue entre de multiples versions de lui-même. le 5 et le 7 Juillet, de 18h à 22h Coin Ste-Cath et St-Hubert.
par Simon Duplessis







