DE SABBATH À KOALA

L’histoire est nébuleuse et non-officielle. The Slew existerait à cause d’un homme et de son cheval, Jack Slew et Seattle Slew.

Jack était un multi instrumentiste doué qui se consacre maintenant au travail du bois. Seattle Slew était l’étalon de course préféré de Jack, ce dernier ayant un penchant pour le gambling. En 2005, un certain Jay Rowlands voulait réaliser un documentaire sur la vie de Jack. Mais notre bon Jack a prit la route et n’est jamais revenu, comme dans la chanson…


Le cinéaste avait à l’époque, engagé son cousin et DJ Dynomite D, un bon copain de Kid Koala pour créer la trame sonore à partir de la musique de Jack… Le film ne sortira probablement jamais et au téléphone Kid Koala s’est fait avare de commentaires sur le sujet: «Il y a beaucoup d’histoires concernant l’origine de The Slew et bien qu’on préparait la trame sonore d’un film, The Slew est devenu un projet à part, on verra si le film sort un jour…»

Mais le hasard fait bien les choses. En août 2008, le batteur Myles Haskett et le bassiste/claviériste Chris Ross, surprennent la planète rock en quittant le groupe Wolfmother. Or, notre Kid était déjà copain avec le groupe depuis l’époque du premier show de Wolfmother à Montréal, au National en 2006: «Les gars me demandaient souvent où j’en étais avec The Slew et ils étaient intéressés. Pendant un festival en Australie, on est allés manger à Sydney et le tout a débuté!»

Au total, il aura fallu cinq printemps à Kid Koala pour sortir le petit bijou qu’est l’album 100%: «On voulait faire quelque chose en quoi les fans de Public Enemy et Black Sabbath se reconnaitrait». C’est connu, la recherche d’un style musical apporte souvent de nouvelles expressions comme: Grungelism, un mélange de grunge et de turntablism selon notre DJ. Kid Koala a-t’il déjà été grunge? Cheveux bleachés, visage désabusé de la vie? Il éclate de rire: «Quand j’étais plus jeune, je n’avais pas beaucoup d’argent, je devais choisir et donc au début ç’a toujours été des disques hip-hop. C’est maintenant que je deviens plus fan de Sonic Youth et Nirvana. L’album a une esthétique grunge, une facture blues lo-fi, ça été un vrai défi d’assemblage».

Tout au long de l’entrevue, Koala insiste beaucoup sur la façon avec laquelle la musique été conçue: à la main, en coupant et recoupant les sons. Un travail méticuleux supervisé par Mario Caldato (qui a enregistré le fameux Paul’s Boutique des Beastie Boys). Sur scène, Kid Koala et P-Love (ce dernier remplace Dynomite D) manient plus de 80 vinyles au son rock 70’s, et au sujet des performances live le montréalais d’adoption est catégorique: «Myles et Chris jouent de façon très pesante, ils (Kid Koala et P-Love) nous forcent donc à être durs et secs envers nos tables tournantes. J’ai brisé plus d’aiguilles pendant notre première tournée avec The Slew que dans toute ma carrière! C’est aussi la première fois de ma carrière que je vois un mosh pit pendant que je suis sur scène!»

Alors que le projet devait inclure jusqu’à quatre DJ, le Kid croit avoir trouvé la formule tant en studio que sur scène et il y aura une suite puisqu’ils seront en studio pendant une semaine cette été à Montréal.

Le Festival de Jazz soulignera ainsi le 20e anniversaire du label Ninja Tune. Si l’étiquette a été un phare pour plusieurs artistes, Kid Koala renvoi l’ascenseur à son label: «C‘est définitivement un label qui considère ses artistes. Pour moi ça été un rêve, ils supportent les artistes qui sont passionnés. Ninja Tune n’a pas peur de prendre des risques.»

Kid Koala présente The Slew, le 26 juin au Métropolis. Avec Spank Rock et  DJ Food, dans le cadre du Festival international de Jazz de Montréal.

par Tommy Loyer / photos live Mekuria Getinet