La onzième édition d’Elektra était en cours et ce jusqu’au 9 mai. L’Usine C en est la forteresse. Du numérique, de l’interactif. Pour clore chaque soirée: un concert. Un festival qui attire autant les enthousiastes de la culture numérique que les coureurs de soirées hip.
Pour un événement qui se veut garant de la culture numérique, il manque d’installations. Mis à part les deux écrans qui nous permettaient de voir en direct des gens de leur webcam, il n’y avait qu’une autre installation. Intéressante par contre: des centaines de fibres luminaires donnaient l’impression d’un champs dans lequel on pouvait passer. Dune, du créatif de Daan Roosegaarde, est un paysage interactif qui se meut au passage des curieux. Dans le sombre, les visiteurs ont droit à une danse luminaire ainsi qu’à une bande sonore perçante digne d’une trame de film d’horreur.
Pour un événement qui avait rapporté ex-aequo avec le festival Mutek le 25e Grand Prix du Conseil des Arts de Montréal, dans la catégorie arts numériques, on s’attend à plus. Entendu à l’Usine C : « Les étudiants en médias interactifs (à l’UQAM) offrent des trucs semblables et parfois mieux. »
Elektra est beaucoup plus un rassemblement du « it-crowd» franco et une occasion de vivre une expérience visuelle et sonore exceptionnelle qu’une expo des arts numériques.
La grande ouverture s’est produite jeudi soir, avec des centaines de gens qui bisbillaient un peu partout. Deux écrans qui stream en direct des exhibitionnistes via leur webcam. Des organisateurs qui courent un peu partout. Voilà ce qui nous accueillait. Ça devrait être une bonne soirée.
Une alarme sonne le début des spectacles. Une grosse salle nous attend. Pourtant la majorité des gens sont assis en indien au sol. La musique incite beaucoup trop au mouvement, mais les visiteurs sont hypnotisés par l’anarchie visuelle de Herman Kolgen. Dust est le résultat de radiographie de la poussière. Couplé au son, Dust nous transpose dans un univers sans repères, allergies en sus.
Puis s’ensuit le duo Purform. La musique est beaucoup plus propice à un bar. Pourtant les gens sont silencieux, non-alcoolisés et sur place. Un peu difficile à suivre. Ils doivent être absorbés par la cacophonie visuelle. D’ailleurs, épileptiques, veuillez vous abstenir.
La soirée clôt avec le Laser Sound Performance. Le titre dit tout. Il fallait y être pour en juger soi-même.
par Lee Anne Vincent-O’Connor







