POT PROBLÈME

Quand tu baptises ton rock expérimental «viking-vaudeville» ou «gypsy-jazz», que tu t’affubles avant de monter sur scène de maquillages et de déguisements pas possibles et que les noms des membres de ton groupe sont de l’ordre de Pow Pow, Chang Wang et Critter Crat, les gens sont en droit de se demander si les narcotiques et hallucinogènes ne feraient pas, par hasard, partie de tes rituels de création.

Eh bien c’est pas vraiment le cas pour Man Man. Même si le groupe sera de passage en ville ce samedi pour les festivités de la Marche pour la légalisation de la marijuana, Honus Ponus et ses comparses sont plus récréatifs que chroniques. «J’ai déjà joué sur les champignons et c’était franchement problématique», constate Ryan, de son vrai nom, chanteur et claviériste. Il rigole au sujet du cadre qui entoure le show. «Notre agent de booking nous a lancé : have fun at the border! Disons qu’on n’a vraiment pas l’habitude de voyager avec des substances illicites sur nous, mais on pourrait en avoir l’air…»

Ce concert extérieur qui promet, il se pointe dans le milieu d’une mini-tournée de trois concerts avant que le groupe ne se voue corps et âmes à l’enregistrement d’un nouvel album. «On fait des étirements avec ce petit bout de tournée. On va tester du nouveau matériel. Et puis évidemment prendre une quinzaine de livres chaque en poutine. Ça balance!»

Vous l’aurez compris, Ryan est un drôle de chez pas mal drôle. Il a aussi quelques liens à Montréal, notamment les gens derrière Seripop et Aids Wolf, et un projet en chantier avec Nick Diamonds, ex Unicorns et actuel Islands. «Évidemment c’est secondaire à Man Man pour l’instant. C’est pas mal intéressant, juste pour le mélange de nos deux voix! On est comme le rossignol et la corneille, genre.»

Au sujet de l’album en cours, qui profite déjà d’une couple de maquettes de pré-production, on peut s’attendre à quelque chose d’encore plus raide que Rabbits Habbit, paru en 2008. «L’album qui s’en vient, c’est comme un cupcake. Imagine-toi que c’est l’halloween. J’imagine que tu célèbres l’halloween, right? Ok. Alors tu passes l’halloween, et tu ramènes une tonne de bonbons et de goodies chez toi, et tes parents inspectent tout ça, et ils trouvent des clous ou des lames de rasoir dedans, right? Mais pas partout, certains contiennent juste du bon. C’est un peu ça, notre prochain album. Ça sera un peu étrange, mais on a vraiment hâte de tout rassembler nos bonbons en studio. On essaie de créer notre propre langage.»

Sweet. Mais revenons à la drogue. «Mon drogué préféré de l’histoire de l’humanité? Oh boy… je dirais Dock Ellis! Oh oui, Dock Ellis», s’emballe-t-il au sujet de l’ancien joueur des Pirates de Pittsburg et des Yankees de New York. «Il représente la superpuissance même sous influence. Le gars a réussi un match sans point ni coup sûr sous l’effet du LSD! Un des trucs les plus difficiles à faire en sports, et le gars le fait sous acide. Il n’en était pas fier à la fin de sa carrière, mais c’est quand même super impressionnant. Et puis bon, évidemment il y a Keith Richards. Il est invincible. Je pense qu’à ce point-ci, Keith Richards est une drogue. Quiconque sniffe les cendres de son père est dans une classe à part.»

La Marche pour la légalisation de la marijuana débute à 13h au Carré Saint-Louis; concerts à 15h au Parc des Amériques, coin Rachel et Saint-Laurent.

par Evelyne Côté