Oui, dimanche passé au Piknic, tout était au beau fixe. Ce sont 5 500 personnes qui se sont massées sur le site des Piknic électronik la première journée de la saison. No pun intended : à part un mec chauve qui se faisait masser les tempes par un autre Bret Michaels au naturel, personne n’a été pris en flagrant délit de tendresse post-rave, à notre connaissance.
C’était le festival de la bedaine, des fêtards encore sur leur vendredi soir, de véritables férus de house venus se vautrer dans le soleil pour avoir leur fix de musique, d’enfants qui s’amusent pendant que leurs parents pique-niquent pour vrai, et de nouveaux curieux surpris par l’ampleur de la chose. Huit étés après que l’idée des Piknics se soit concrétisée dans la scène électronique montréalaise du début des années 2000, le concept rame encore, et plus efficacement que jamais.
L’ékip a le vent dans le voiles, mais doit, depuis quelques années, serrer bien fermement le gouvernail de sa petite barque devenue yacht pour garder le cap. Si au départ l’événement a voulu sortir la musique électronique des clubs pour l’exposer au grand jour, et ainsi se détacher d’une culture musicale underground associée aux toxines et au Tiger Balm, désormais, il attire dix fois le nombre de pikniqueurs qu’il avait jadis. Ça, ça veut dire que la recherche d’originalité a fait place à celle d’authenticité.
Car l’ékip n’a pas changé sa philosophie d’un iota. Mais peut-être de quelques décibels? «Je dirais même qu’on s’en permet plus, côté programmation, depuis qu’on a autant de monde», estime Michel Quintal, directeur artistique, entre deux embrassades et une séance de small talk avec des habitués.
L’affaire, avec les Piknics, c’est qu’il n’y en a jamais un pareil. Foi de vieille adepte de back in 2003, la météo, les artistes invités et le pouls de la ville en général sont autant de facteurs qui rendent l’atmosphère absolument imprévisible sous le stabile. J’ai déjà vu des foules redoubler d’ardeur sous une averse, ou crier en chœur en regardant le soleil plonger dans le Saint-Laurent.
On dit qu’une foule a un quotient intellectuel équivalent à celui d’un enfant de cinq ans. Vu leur succès grandissant, les Piknics ont dû faire face à une poignée de récalcitrants l’an passé – mais à voir les sourires ce dimanche, on aurait surtout juré que les soucis adultes étaient restés rôtir de l’autre bord du pont Jacques-Cartier.
Les Piknics ont lieu tous les dimanches estivaux, de 14h à 21h, à deux pas du métro Jean-Drapeau sur l’île Sainte-Hélène. On vous reparle de nos coups de cœur en temps et lieu, mais entretemps consultez la prog ici.
par Evelyne Côté / photos Louis-Nicholas Coupal / caméra Phil Arsenault







