PERT & BRISK

De passage au concert d’ouverture des Mini-M au Petit Campus, j’ai vu pour la seconde fois les Peelies, avec mes amis Matt et Rodolfo. On était plutôt relax et fatigués, et la bière à 2$ n’a étonnamment pas eu raison de nous, mais les sourires niais dans nos faces trahissaient un fun latent.

Encore une fois, elles ont entamé le concert avec un départ mal amorcé, des petites notes éparses jouées pour aucune raison avant que ne parte la chanson. Mais le tout était fait avec une désinvolture mignonne, soutenue par des sourires à la fois complices et gênés, ce qui m’a moi-même fait sourire.

Malgré l’effort mis dans les costumes, les petites indiennes ne semblent pas faire de leur art quelque chose de léché qu’on nous supplie avec des moues affectées de vénérer. Un band garage qui ne demande rien d’autre à son public que de se laisser aller, c’est rafraîchissant et rare dans nos salles de concert et nos festivals bien organisés. Ce l’est probablement moins dans plusieurs sous-sols. Un bon show de sous-sol, pas dans un sous-sol: c’est ce que c’était.

Guitares accordées de façon approximatives, erreurs régulières, batterie minimaliste, c’était punk rock, quoi. Et quatre jeunes filles criant en coeur «Oh! Daddy, that feels good!», ça fait sourire. Ça m’a même donné le goût de m’entraîner à être moins bon musicien, car je crois qu’une magie sort de la naïveté d’un accord mal barré. Comme les sixties, comme je m’imagine les concerts cacophoniques des Velvet Underground. Et en cherchant des qualificatifs au joli concert sans prétention, j’ai même découvert quatre nouveaux mots anglais — merci Peelies —: jaunty, pert, perky et brisk.

par Félix Dyotte / photos par Rodolfo Moraga