L’INSOUTENABLE LÉGÈRETÉ

Du sexe dans la ville. Du gratin québécois. Des cosmos. Des talons hauts. Des flashs aveuglants. On pourrait croire qu’on assistait à un événement tapis rouge. Presque: c’était l’avant-première de Sex and the City 2! (Retenez les cris d’hystérie.)

Au cinquième étage du Cinéma Banque Scotia, on y avait emménagé un petit espace VIP, bar à ongles compris. Comme c’est la perspective de se faire manucurer en sirotant son cosmo est un baume pour l’âme pour n’importe quelle fille, les gens de Virgin Radio et CJAD avaient organisé un cocktail en soignant la guestlist. Le «who’s who» québécois y était. Les photographes jouaient aux paparazzis, les filles leur faisaient de l’oeil.

«C’est moi ça, c’est ma vie!», a juré Mahée Paiement en hochant de la tête à répétition. Parce que le luxe présenté dans SATC 2, c’est le quotidien des stars québécoises? D’autres, comme Emily Bégin (blondinette de Star Ac 1) jacassent régime et entraînement. S’accumulent par la suite les starlettes qui utilisent cette plate-forme pour ne pas tomber aux oubliettes. Ça s’embrasse, ça se demande des nouvelles, ça se félicite…

Et il y a les autres. Il est 20h30. Certains sont ici depuis 18h30. Les gens ont hâte de s’asseoir. Des échasses, ça te fatiguent une paire de jambes.

Salle réservée au tiers pour les gens «médias». Encore les starlettes. Ça s’embrasse encore, ça se redemande des nouvelles, ça se félicite à nouveau… Et les autres attendent.

Il est 21h30 et là, tout le monde attend. Tous anticipent le début des previews, une genre de délivrance. Carrie, Samantha, Charlotte et Miranda arrivent, ça ne sera pas long.

On nous annonce un problème technique. Le tout devrait être arrangé d’ici 5 minutes.

21h45, rien.

21h50, on nous annonce qu’on nous transfère de salle. Don’t get the hungry angry!

22h10, on nous balance deux trailers de comédies romantiques. Les fâchés s’adoucissent. Ils sont tous prêts à être plongé dans l’univers brandé. Aller hop, la voix de Carrie en off. On me chuchote avec enthousiasme à l’oreille: «C’est comme dans l’émission».

Et BANG! Du placement de produits plein la tronche. Un flash-back aux quatre nanas dans les années 80. Un mariage gai aux allures trop extravagantes. Évidemment (notez le sarcasme).
BANG, prise II: Chef-cougar (Samantha) jongle toujours avec sa ménopause, on la retrouve les culottes par terre. On lui propose une virée de rêve dans les Émirats arabes unis. Elle ne bouge qu’avec ses copines. Elles y vont toutes. Et voilà que les clichés du monde arabe entrent.
BANG, prise III: Apparition de l’ex tentant de Carrie. Ouf! Les enjeux de la fidélité.
BANG, prise IV: Moment de sympathie pour les deux mères richissimes qui avouent ne pas savoir comment font les mères sans nanny.
BANG, prise V: Affront entre les méchants réactionnaires musulmans et les Américaines libérées.
BANG! BANG!: Leurs fringues! Leurs chaussures!

Aucune surprise: Sex and the City 2 est bourré de clichés de tout genre. Voyez (ou pas) la scène du karaoké. On aurait osé dire que le tome 2 était moins fantaisiste. C’est vrai que la série était basée sur la vie d’une journaliste à New York qui se noyait dans ses tonnes de chaussures à 450$ US… (notez le sarcasme à nouveau).

Ma soirée a été marquée par deux trucs.
Ce que j’ai appris :
Il y en a de la cougar québécoise!
Ce qui m’a effrayé :
Lisa Minelli se la jouer Beyoncé (chant et danse) sur Single Ladies au mariage gai.

par Lee Anne Vincent O’Connor