Loin de notre microcosme de débats et d’activités culturelles, le règne animal cache des moeurs et des habitudes dont nous ne comprenons rien. Prenons une pose de notre petit nombril et allons voir ce que mijotent ces autres êtres qui se foutent qu’on leur fasse de la pub.

C’est maintenant le temps de vous faire peur. En lisant ma Gazette quotidienne, je suis tombé sur cet article d‘une bête absolument horrible qui aurait été trouvée échouée au large d’un lac ontarien par une communauté autochtone. L’effroyable laideur de la bête aurait été considérée comme un mauvais présage…
Et j’ai pensé au glouton, nommé ainsi pour sa voracité, et qui porte aussi le nom de carcajou. Ça vient du Micmac Kwi’kwa’ju, qui signifie… esprit maléfique. Comme c’est un individu solitaire qu’on retrouve une fois par 40 km2 jusqu’à une fois par 800 km2, même les gens qui passent beaucoup de temps dans la nature n’en ont souvent jamais vu, ce qui le rend mystérieux, unique et épeurant. C’est ça que ça fait, être unique: éventuellement Marvel t’utilise, et te transforme en super-héros.
Le carcajou a aussi été soupçonné d’être la Bête du Gévaudan, ce mystérieux animal responsable d’une centaine d’attaques mortelles ayant eu lieu entre 1764 et 1767 en Europe. Mais bon, il n’a pas pu se trouver d’avocat pour se défendre proprement, et ces soupçons sans fondement lui ont sans doute valu plus de popularité que de représailles. Un point de plus pour le carcajou.
Le carcajou est un charognard, c’est-à-dire qu’il se nourrit de bêtes déjà mortes. Les Amérindiens l’ont souvent vu comme une bête du diable, puisqu’en dévorant toutes les bêtes capturées par des pièges minutieusement préparés par les hommes, ceux-ci mourraient parfois de faim, à cause de ce voleur qu’on ne voit jamais… D’ailleurs, la forte odeur qu’il laisse derrière son passage peut facilement nous faire croire qu’un démon est passé par là. Moi en tout cas, c’est ce que je penserais. Mais apparemment, cette odeur n’est que le musc sécrété par son anus, mélangé avec son urine. Il s’en sert pour protéger sa bouffe des autres bêtes moins redoutables, qui pourraient s’imaginer qu’on peut voler le voleur.
Considéré comme l’animal le plus féroce sur terre, le carcajou a tout de même ses faiblesses. Il affectionne la chair de porc-épic comme mets de prédilection, ce qui est clairement un mauvais choix. Il en meurt parfois, l’estomac transpercé d’épines. De plus, contrairement au rat-taupe nu, il est tout à fait mignon, comme on peut le constater dans ce vidéo:
par Félix Dyotte







