Un soir d’été, en 1989 ou 90, je me suis levé discrètement pour aller dans le salon pendant que mes parents s’occupaient d’invités dans la salle à manger. Il était passé 10 heures, et la raison pour laquelle j’étais debout m’obsédait depuis une semaine : le film A Nightmare on Elm Street jouait à TQS (ou était-ce TVA? who cares!).
À cette époque, le mal, le meurtre et la mort n’étaient pour moi que des concepts assez vagues. Hélas, il a fallu que j’ouvre la télé ce soir-là pour que ce flou devienne très clair. Je me souviens comme si c’était hier de cette fille qui se faisait littéralement traîner sur le plafond de sa chambre en se vidant de son sang et c’est précisément à ce moment-là que j’ai pu mettre un visage sur le bonhomme sept heures, celui de Freddy Krueger.
Je m’imaginais déjà retrouver le sentiment d’insécurité vécu autrefois grâce à un nouveau Nightmare qui serait profond, habile, hautement psychologique, troublant et angoissant comme un film de David Lynch.
C’est beau rêver.
Avec Michael «Transformers» Bay à la production, pas de danger de voir le film s’approcher de mon idéal. Sa compagnie Platinum Dunes a déjà détruit plusieurs classiques avec ses remakes clichés et inutiles (Friday the 13th, Texas Chainsaw Massacre, etc.) et les fans étaient légitimement en droit de s’attendre au pire.
THUMBS UP!
- *On ne retrouve pas le traditionnel groupe de jeune (la meneuse de claques , le fier-à-bras imbécile, les deux-trois stoners sur le party et l’héroïne vierge) et les inévitables paires de boules en silicone. Sans être aussi profonds que ce que les critiques voudraient, les personnages inspirent plus d’empathie que ceux des films d’horreur américains habituels.
- *Sans éclipser Robert Englund, l’interprète original du tueur, Haley tire bien son épingle du jeu et il inspire le dégout et l’horreur.
- *Certaines transitions entre le rêve et la réalité sont très intéressantes.
- *La scène de la blonde qui se fait traîner au plafond est plus intense que celle du film original et la finale du film est également assez puissante.
THUMBS DOWN!
- *Des quelques scènes empruntées au film original, la plupart sont ratées. Celle ou Freddy sort du mur au-dessus du lit de Nancy utilise de la mauvaise animation 3D, alors qu’en 1984, un faible éclairage et un morceau de spandex faisaient très bien l’affaire.
- *Comme dans tous les remakes des années 2000, on a tendance à trop vouloir expliquer les moindres détails alors que dans les trois premiers films de la série, le côté nébuleux du passé de Freddy contribue à le rendre inquiétant.
- *En 2010, pour se garder éveillé, on ne prend plus du café. On prend du Red Bull, et le film ne se gêne pas pour nous le rappeler. Le placement de produit est de moins en moins subtil, dans les films d’Hollywood comme dans les vidéos de Lady Gaga. Déplorable.
- *L’ambiance glauque est stylisée de la même façon que dans les autres remakes de Platinum Dunes et ça va encore vite comme un vidéoclip. Ce doit être l’époque, puisque les ados, aujourd’hui, n’ont même plus peur de l’exorciste : c’est trop lent pour eux!
Au final, et même s’il s’agit du meilleur remake de la boîte de Michael Bay, le meilleur film de Freddy reste une combinaison de mes souvenirs d’enfance. C’est peut-être beaucoup mieux comme ça, dans le fond!
par Charles Laplante








