Ce n’est pas tous les jours qu’une victoire des Canadiens est applaudie par Josh Homme et Dave Grohl dans un Métropolis plein à craquer.
C’est pourtant ce qui est arrivé mercredi, alors que les Canadiens foutaient l’ultime raclée au Penguins. Il faisait bon être fan du tricolore et de Them Crooked Vultures ce soir-là : 10 secondes après la partie, le groupe est entré sur scène et ce grand Elvis roux d’Homme s’est exclamé clope au bec : «Looks like we’re gonna have a good time, right?». And we did indeed!
Si on entend trop souvent l’expression supergroupe, il faut toutefois admettre que dans ce cas précis, elle n’est que trop pertinente. Dave et Josh, flanqués de John-Paul Jones à la basse, sont d’ailleurs pleinement conscients de leur valeur, ayant Nirvana, Queens of the Stone Age et Led Zep dans le CV. Qui d’autres pourrait charger 53 douilles pour un spectacle servant à défendre un seul album?
Étrangement, c’est ce prix exorbitant qui aura permis à la soirée d’être réussie. Ce ne fut pas mince affaire que d’inviter les vautours : le spectacle aurait à l’origine dû avoir lieu à l’exécrable CEPSUM, mais en raison d’une prévente trop faiblarde, il a été déménagé au Métropolis la semaine dernière. Mieux vaut jouer dans une salle comble que dans une aréna à moitié vide. Le son aura donc été épargné pour l’agrément de tous ceux présents.
Et quel son Des premières notes de No One Loves Me, Neither Do I jusqu’à la finale explosive de Warsaw, livrée en fin de parcours deux heures plus tard, le trio a aligné les solos, les jams et toutes les pièces de l’album plus deux inédites en ne prenant qu’une seule pause, le temps de permettre au guitariste de tournée Alain Johannes de se taper un bon petit solo bluesy.
Ne nous mentons pas : l’album du trio réuni un an plus tôt à l’initiative de Dave Grohl n’est pas devenu le classique espéré par plusieurs depuis le Songs for the Deaf de Queens of the Stone Age. Pour ça, il lui aurait fallu plus de hits et un brin de folie additionnel. Toutefois les pièces de la galette sont beaucoup plus pertinentes livrées sur scène et elles mettent mieux en valeur les talents inouïs du multi instrumentiste Jones. Celui-ci taquinera tour à tour de la mandoline, du violon et du piano, en plus de sa célèbre base à six cordes. Pour le reste, a-t-on vraiment besoin de souligner que Grohl est le meilleur drummer de sa génération, et que Josh Homme est un guitariste extraordinaire?
Enfin, nous sommes sortis de la salle gorgés de rock alors que les klaxons se faisaient aller et que les poubelles s’enflammaient. Un peu plus tard, les traditionnels morons d’après victoire cassaient encore des vitrines au centre-ville. Mais ça, c’est une autre histoire…
par Charles Laplante / photo Joseph Mohan







