Je me suis imaginé une petite ambiance de «Bouuuh! C’est fini!» au Studio Juste pour Rire l’autre soir, parce que Band of Skulls faisait son tout dernier concert sur sol nord-américain, avant de se pencher sur son deuxième album. N’empêche, après deux ans et un paquet de tournées sans relâche, à un moment donné, on a fait le tour.
Moi, tout frais de leur premier disque Baby Darling Doll Face Honey (une blague qui a fini par rester, et qui prend tout son sens en écoutant le début de la chanson Fires), j’ai eu leurs chansons dans la tête toute la semaine qui a précédé ma rencontre avec ces fervents du rock pesant et des souliers pointus. L’ambiance se serait aisément prêtée au mosh si on avait été quelques années plus tôt. À la place ça criait à souhait durant le concert, et même durant leur douce acoustique «Honest», c’est dire que les gens manquent de sensibilité.
«Quand on a commencé, on visait la même réception partout où on jouait, mais on n’a jamais compromis la musique pour l’adapter à telle ou telle scène. On voulait seulement être un bon groupe» me raconte Russell Marsden, chanteur et guitariste.
Mais certaines expériences doivent être pires que d’autres, non?
«On a tendance à oublier beaucoup d’équipement et de vêtements partout, et on rentre à la maison avec la moitié de ce avec quoi on était partis», explique Emma Richardson, elle aussi chanteuse, et bassiste. «On a aussi tendance à prendre beaucoup de chocs électriques sur scène, renchérit Russell. Je ne sais pas ce que c’est, on est comme chargés d’ions. On est statiques.»
Drôle de clash, Band of Skulls a vu une de ses chansons dans la série pour adolescents Twilight, série que perso je n’ai pas encore vue, parce que je n’y ai jamais pensé. «On a regardé juste pour voir ce qu’on avait fait avec la chanson. C’était hilarant. Dès que tu vois ta chanson dans un autre contexte, c’est intriguant. Tu l’as enregistré dans une petite pièce quelque part dans ta ville natale, et te place ça sur un gros truc!» Et s’ils avaient le choix, préféreraient-ils être des vampires ou des loups-garous? «Je crois que nous sommes davantage comme des vampires, parce que ça fonctionne avec nos heures d’éveil. Ça marche avec l’industrie de la musique.»
Si vous fouillez un peu sur le net, vous allez voir une jolie interprétation que Band of Skulls a faite avec le duo français John & Jehn. Eh bien j’ai un scoop: cette chanson leur a été imposée. «On nous a dit à la dernière minute: “On aimerait que vous fassiez Sympathy for the Devil avec John & Jehn.” On a pratiqué dans le taxi. Si tu regardes attentivement le clip, tu peux voir la peur dans nos yeux…»
Donc, après l’Europe, l’Angleterre, l’Australie et le Japon, la bande de crânes aura enfin terminé leur brassage – et oubli – d’équipement, et pourront enfin se concentrer sur leur prochain album. «On travaille séparément. Un beau jour on va se réunir et se dire, “Bon, qu’est-ce que vous avez?”, ça va être une couple de semaines excitante…»
par Félix Dyotte / photos par Jose Montes









