Projeté lors de la soirée de clôture du FIFA, Views on Vermeer: 12 Short Stories dépose en nous l’empreinte d’une passion dont les visages ont le pouvoir de rendre pleinement accessible, actuel et gigantal un lot de 35 toiles seulement.
«Peindre la lumière», «montrer la durée», «il n’y a rien» : le film de Hans Pool (Pays-Bas) se construit autour de sentences brèves dont la force d’évocation nous fait découvrir l’acuité des visions de Vermeer et tout le génie qu’il y a à voir. À force de regards intelligents et inspirés d’artistes, de photographes (dont Erwin Olaf), d’intellectuels, d’écrivains et d’autres que les toiles de Vermeer continuent à regarder, on nous communique les tonalités de la beauté lucide directement venue du XVIIe.
Au-delà des mots intelligents, se profile donc à l’écran une œuvre qui n’en finit plus de nous happer tout en nous éclairant sur notre propre regard. Et justement, cette beauté toute vermeerienne qui emporte dans son silence contemplatif est exaltée par un film qui gagne le pari d’expliquer en quoi Vermeer sait qu’on le regarde et comment il peint la lucidité…. Fidèle à son talent, Hans Pool Raconte donc sans complaisance la mystérieuse conscience du regard qui à la fois illumine et amplifie la nuit (cinématographique) et rend bien la coïncidence parfaite entre celui qui regarde et celui qui est regardé.
Un film comme celui-là est plus qu’une visite guidée au musée doublée d’un audio-guide : il nous reconduit aux toiles en montrant qu’elles tiennent (et nous tiennent) en équilibre entre la force, le silence, le mystère de l’émotion humaine et la précision d’une vision. Parce que «ce qu’on aime, c’est ce qui nous manque», à la prochaine expo, je resterais bien assise des heures devant la perle qui est sans pourquoi!
par Marie-Ève Sabourin-Paquette







