VIVRE RIO PART 3 ET FIN

Expérimenter Rio comme si on y vivait, voilà la tentative du plus récent de mes voyages. Une semaine, une semaine pour tout voir, tout vivre. Une semaine, c’est bien peu; fin du triptyque made in Brasil.

Jour 7

Ah non, c’est vrai, on a changé d’hôtel. Être à Rio pendant le week-end saint et ne s’être pas pris d’avance pour les hôtels, c’est prendre de grandes chances. Erica, qui avait tout fait (vraiment tout!), avait réussi à nous trouver une chambre jusqu’au jeudi soir. Il fallait donc qu’on se trouve un toit pour le vendredi soir, notre dernière nuit avant le grand départ samedi. On tombe, en fouinant sur Google, le Best Rio Hostel. Il reste une chambre privée (pas question de partager mon espace avec 15 autres filles/femmes).

Je pense que j’aurais eu plus de place en dortoir que dans ma chambre. Le choc, je suis un tout petit peu claustrophobe. Je vous raconte : vendredi matin, faut changer d’hôtel. Le service est long pour mourir. On leur balance : «Mettez ça sous clé et on revient en fin d’aprèm’ faire le check-in». On rentre, un mec plutôt mignon nous accueille. Genre de Lenny Kravitz brésilien, anneau au nez. Il parle un peu le Français. Intéressant. Il nous dit de le suivre, on croit aller chercher nos bagages. Sous clé, parfait. Petit trou dans le mur. Je vais pour prendre ma valise pour qu’il nous escorte à notre chambre. «Elle est ici votre chambre!». Attends, quoi? Ce n’est pas le locker ça? Je jette un deuxième coup d’oeil. Trois lits superposés. Impossible, ça ne peut pas être ça. Lenny me joue un tour. Ceci est le Best Rio Hostel, come on! Heureusement qu’on ne voulait pas passer une soirée tranquille dans notre chambre.

Bon.

On se réveille, superposées, et on rit encore de cette minable excuse de chambreur. Il faut vite sortir d’ici, c’est notre dernière journée et il fait un temps exceptionnel. On se fonce trois, quatre fois dedans, et on réussit à enfiler nos maillots sans se cogner les fesses.

Deux chaises, un parasol et deux bouteilles d’eau. Obrigada. Une copine que s’était fait Erica la première fois à Rio nous rejoint. Présence politique, c’est la soeur du maire de Rio. Son copain est journaliste culturel et leur ami, un économiste assez… équipé. Bonne dernière journée. On passe la journée à alterner entre la mer et le sable. À tourner sur le dos, sur le ventre. Se crémer. Mon joli économiste m’invite à le rejoindre, ainsi que ses amis, pour souper sur le haut d’une montagne. C’est beau la bourgeoisie. «Peux pas, je prends l’avion à 21h!». Est-ce qu’on dit à la prochaine dans ce cas?

Voilà, de toute la semaine, c’est le seul mec qui me lance une invitation «invitante». Pour être franche, les corps étaient exceptionnels, mais leur tronche, pas trop mon genre. Je me dis qu’un week-end à New-York m’offre beaucoup plus d’opportunités.

On rentre au hostel au nom frauduleux. Saut rapide dans la douche, appel d’un taxi. Direction aéroport. Des deux bords de l’autoroute, la pauvreté nous saute au yeux. C’est incroyable. On dirait une zone de guerre. Des jeunes vendent des trucs alors qu’on est assises dans le trafic. Le chauffeur ne parle pas un mot d’anglais et ça me plaît comme ça. Je tente ma chance avec un franspagnol-portugais. Brésil pour la Coupe du Monde. Mon chauffeur est heureux. Je crois qu’il dit quelque chose sur le Portugal, qui partage le même pool que son équipe-maison.

On arrive à l’aéroport. On nous pose des questions un peu étranges, mais ça passe. La sécurité est pas mal lousse. On passe facilement, quelques étampes et nous voilà de l’autre côté. Il est mini l’aéroport, rien à voir avec celui de Charlotte, North Carolina (qui ressemble beaucoup plus à un centre-d’achat qu’autre chose).

Un casse-croûte. Erica a encore une couple de real qui traînent. On y va pour une dernière Skol. Oh, mais que vois-je? Trois gars mignons. Un qui tombe dans le stéréotype des mecs que j’aime bien. Ah merde, trois Américaines qui portent toutes un chandail jaune s’approchent, les accaparent.

Mon parcours : Rio à Charlotte, Charlotte à Philadelphie et finalement Philadelphie à Montréal. Ouf. L’heure d’embarquement approche. Ils appellent tous les passagers à se rendre dans l’avion. Hop, on est derrière les gars mignons. On leur parle. J’apprends que le beau blond aux lunettes vit dans Williamsburg, Brooklyn (sans grande surprise). Je savais que New York m’offrait beaucoup plus que Rio.

Voilà comment s’est terminé le périple à Rio : un flirt avec un New-Yorkais. Obrigada!

par Lee Anne Vincent O’Connor